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Moyen-Orient - Éclairage

Entre Damas et Amman, le rapprochement semble s’accélérer

Une délégation sécuritaire syrienne de haut niveau devrait se rendre dans le royaume hachémite dans les prochains jours, selon les révélations de médias jordaniens.

Entre Damas et Amman, le rapprochement semble s’accélérer

Un véhicule arrive au poste frontalier de Jaber-Nassib, entre la Jordanie et la Syrie, le 15 octobre 2018. Khalil Mazraawi/AFP

Si la nouvelle se confirme, elle signalerait l’amorce d’un rapprochement entre le royaume hachémite et le régime de Damas, dont les contacts sont très limités depuis dix ans. Le média saoudien Arab News a rapporté dimanche les révélations faites par la presse jordanienne selon lesquelles une délégation syrienne de haut niveau chargée des questions de sécurité devrait arriver à Amman dans les prochains jours – inaugurant ainsi une première visite d’État de haut niveau dans le royaume depuis l’éclatement de la guerre en Syrie en 2011. Selon les mêmes sources, le chef d’état-major syrien, le général Ali Ayoub, prendra la tête de cette délégation.

Cette possible entrevue s’inscrit dans le sillage de la reprise du dialogue entre le régime de Damas et certains pays voisins dans le cadre d’un accord pour alimenter le Liban en gaz et en électricité par l’Égypte et la Jordanie, en passant par la Syrie. Le 8 septembre, une rencontre a eu lieu à Amman entre le ministre syrien du Pétrole et des Ressources minérales, Bassam Tohmé, ses homologues égyptien et libanais et le Premier ministre jordanien, Bishr Khasawneh, dans le but de discuter des modalités de livraison. « La proposition d’approvisionner le Liban en électricité et en gaz naturel égyptien a été faite pour la première fois par le roi Abdallah II lors de sa visite à Washington en juillet dernier, indique Osama al-Sharif, journaliste et commentateur politique basé à Amman. Le monarque jordanien souhaite ainsi trouver un moyen de rétablir des liens avec le régime syrien. »

Le gouvernement libanais avait déjà annoncé le mois dernier que Washington avait approuvé la mise en place de ce projet – malgré les nouvelles sanctions promulguées sous la loi César fin juillet par l’administration démocrate contre le régime de Bachar el-Assad. Selon plusieurs observateurs, ce plan a figuré parmi les principaux dossiers discutés lors du tête-à-tête inédit entre Joe Biden et Abdallah II, le 19 juillet à la Maison-Blanche. Il aurait également été au cœur des discussions entre le souverain jordanien et le président russe Vladimir Poutine – parrain du régime syrien – lors de leur précédente rencontre le 23 août dernier. « La Jordanie veut s’assurer que le conflit actuel en Syrie se soldera par une sorte de règlement politique qui pourrait être obtenu par des pourparlers entre la Russie et les États-Unis, indique Osama al-Sharif. Elle espère qu’il pourrait y avoir une sorte d’initiative de la part du régime syrien pour faire avancer le processus politique. »

Mis au ban de la communauté internationale et isolé dans la région depuis sa répression sanglante du soulèvement populaire de 2011, le gouvernement syrien table sur la pénurie de gaz et d’électricité au Liban en vue de se réinsérer sur la scène diplomatique. Si elle est confirmée, « il est évident que la visite d’une délégation syrienne à Amman est liée au projet ambitieux de gazoduc via la Syrie », observe Amer el-Sabaileh, expert jordanien en géopolitique. « Un projet d’un tel niveau nécessite un minimum de coopération politique et sécuritaire. Pour Damas, il s’agirait bien entendu d’un gain surtout sur le plan politique plutôt qu’économique. Normaliser ses relations avec la Jordanie lui permettrait de redevenir un acteur important dans la région et de briser l’embargo qui pèse sur lui », poursuit le chercheur.

« Quitter le pouvoir »

Si elles n’ont jamais totalement cessé, les relations entre Damas et Amman se sont fortement détériorées à la suite de l’éclatement du conflit syrien en 2011. Ayant ouvertement soutenu la révolte populaire lors de son déclenchement, le roi Abdallah II était notamment le premier dirigeant arabe à appeler Bachar el-Assad à « quitter le pouvoir ». Cette dégradation des relations avait alors conduit le royaume hachémite à rappeler son ambassadeur au début du conflit et à expulser en 2014 l’ambassadeur syrien de Jordanie. Un positionnement que le monarque a été contraint de revoir à mesure que le régime de Damas – soutenu militairement par Moscou et Téhéran – a reconquis des territoires. Les liens entre les deux puissances se sont ainsi réchauffés en 2018 dans la foulée de la nomination d’un chargé d’affaires par Amman auprès de son ambassade à Damas, précédant la réouverture de leur frontière commune.

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Aux yeux de la Jordanie, la fermeture du poste-frontière de Jaber-Nassib, situé au nord du pays, n’était pas viable à terme pour des raisons sécuritaires et économiques. « Le royaume a plus de 300 km de frontière commune avec le sud de la Syrie, qui était autrefois une base pour Daech et qui a été secoué par de nombreuses attaques », rappelle Osama al-Sharif, alors que le pays voit également d’un mauvais œil la présence, de l’autre côté de la frontière, des forces iraniennes, qui ont récemment aidé Damas à reprendre le bastion rebelle de Deraa.

Au-delà de sa volonté de coopérer avec le régime de Bachar el-Assad pour prévenir tout attentat terroriste sur son sol, Amman a également dû faire face à l’afflux de réfugiés syriens via ce point de passage – alors que les autorités jordaniennes les estiment à près de 1,3 million. Ce carrefour revêt en outre une dimension stratégique très importante pour la Jordanie – qui traverse une crise économique importante amplifiée par la pandémie de Covid-19 – alors qu’il assurait une liaison entre la Méditerranée et les monarchies du Golfe en plus de favoriser les échanges économiques entre Damas et Amman, dont la valeur était estimée à près d’un milliard de dollars avant le conflit syrien.

Alors qu’il avait été provisoirement fermé à cause des tensions secouant la ville de Deraa, proche de la frontière avec la Jordanie, le poste-frontière de Jaber-Nassib devrait ouvrir prochainement, estiment les observateurs. Après plus de deux mois de siège imposé par les forces pro-gouvernementales sur plusieurs de ses quartiers aux mains des rebelles, le régime syrien a annoncé dimanche avoir repris la quasi-totalité de la ville. De quoi permettre le rétablissement possible des relations économiques entre le royaume hachémite et la Syrie, qui pourrait être inclue dans l’alliance scellée ces derniers mois entre Amman, Bagdad et Le Caire. « Avec cette possible normalisation, Amman cherche à obtenir des gains économiques afin d’être une plaque tournante dans la région », indique Amer el-Sabaileh. « Nous ne savons pas où cela mènera, le régime syrien peut toujours refuser catégoriquement toute sorte de concessions politiques, remarque pour sa part Osama al-Sharif. La Jordanie pourrait au minimum obtenir l’ouverture des frontières, une reprise du commerce et peut-être la facilitation du retour de certains des réfugiés s’ils le souhaitent. »


Si la nouvelle se confirme, elle signalerait l’amorce d’un rapprochement entre le royaume hachémite et le régime de Damas, dont les contacts sont très limités depuis dix ans. Le média saoudien Arab News a rapporté dimanche les révélations faites par la presse jordanienne selon lesquelles une délégation syrienne de haut niveau chargée des questions de sécurité devrait arriver à...

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JULIETTE NE BOUDE PLUS ROMEO. LE FLIRT A REPRIS. SUICIDE D,AMOUR OU AMOUR DU SUICIDE ? QUI EST JULIETTE ET QUI EST ROMEO POUR NOUS LE DIRE ?

L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

15 h 02, le 14 septembre 2021

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Commentaires (1)

  • JULIETTE NE BOUDE PLUS ROMEO. LE FLIRT A REPRIS. SUICIDE D,AMOUR OU AMOUR DU SUICIDE ? QUI EST JULIETTE ET QUI EST ROMEO POUR NOUS LE DIRE ?

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    15 h 02, le 14 septembre 2021

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