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Nos Lecteurs ont la Parole

Notre 11-Septembre

En ce 20e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, il nous est difficile, à nous les victimes de « l’attentat » (oui, vous avez bien lu) du 4 août 2020 dans le port de Beyrouth et à nos proches, de ne pas ressentir cette pointe de colère mêlée de désillusion à voir notre droit inaliénable à la vie, à la sécurité et à la santé ainsi bafoué en toute impunité.

Il y a vingt ans, toute une nation, attaquée dans sa chair, s’est élevée comme un seul homme contre un ennemi déclaré et identifié. Toute une nation s’est regroupée – aussi – pour panser ses plaies et s’occuper de ses blessés. Qu’avons-nous fait ?

Oui, les commémorations du 4 août dernier nous ont permis de nous retrouver pour nous réconforter un tant soit peu les uns les autres, mais qu’en est-il de la justice ? Ces incapables gouvernants de tous bords, qui sont aussi ces « très capables meurtriers », sont toujours là à nous narguer de leur présence en notre sein, de leurs futiles querelles de portefeuilles ministériels et de leur criminelle avidité de pouvoir. Est-il possible qu’ils ne se rendent pas compte de l’ampleur de notre mépris à leur égard ? Est-il seulement envisageable que tout vestige d’humanité ait disparu en eux, qui les pousserait – allez, soyons fous – à prendre collectivement la porte de sortie, si ce n’est de procéder au seul acte digne dans les circonstances, à savoir un « harakiri » à la japonaise ?

Nos blessures physiques commencent enfin, un an plus tard, à cicatriser, mais nos cœurs continuent de saigner à voir ce pays sombrer dans un gouffre sans fond, comme entraîné par ces chevaliers de la mort sans âme, une sorte d’ersatz d’êtres humains qui n’ont d’humain que la forme. À quand le jour des comptes ? Je rêve d’un pays libéré pour de bon de cette gangrène meurtrière, qui ne pousserait pas sa jeunesse à prendre le large comme seul mécanisme de survie. Et je veux continuer à y croire, malgré cette humeur noire qui me prend ce 11 septembre 2021.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


En ce 20e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, il nous est difficile, à nous les victimes de « l’attentat » (oui, vous avez bien lu) du 4 août 2020 dans le port de Beyrouth et à nos proches, de ne pas ressentir cette pointe de colère mêlée de désillusion à voir notre droit inaliénable à la vie, à la sécurité et à la santé ainsi bafoué en...

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