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Dernières Infos - Formation Du Gouvernement Au Liban

Mikati estime qu'il n’est pas difficile de redresser le pays, Aoun lie la confiance parlementaire au programme du cabinet

Mikati estime qu'il n’est pas difficile de redresser le pays, Aoun lie la confiance parlementaire au programme du cabinet

Le président libanais Michel Aoun et le Premier ministre Nagib Mikati lors de leur entretien avant l'annonce de la formation du gouvernement, le 10 septembre 2021. Photo Dalati et Nohra

S'exprimant vendredi à l'issue d'une réunion de plus d'une demi-heure avec le président Michel Aoun et suite à l'annonce de la formation de son gouvernement, le Premier ministre libanais Nagib Mikati a commencé par dresser un tableau de la situation catastrophique au Liban, après avoir rappelé que le gouvernement de son prédécesseur, Hassane Diab, a démissionné il y a treize mois, jours pour jour.

Il a d’emblée indiqué qu’il n’avait pas préparé de déclaration écrite. "Normalement le Premier ministre donne lecture d'un communiqué dans lequel il expose le plan d'action du cabinet. Mais aujourd'hui, je vais laisser mon cœur parler", a-t-dit, avant d'ajouter, la voix étranglée par l’émotion : "Tout le monde connaît la situation du pays, des plus vieux aux plus petits, jusqu’aux nourrissons dans leurs berceaux. Les nourrissons sont privés de lait infantile, les enfants se demandent s'ils iront à l'école et demandent à émigrer. Les pères ont vu leurs revenus perdre plus de 80% de leur valeur et ne savent plus comment joindre les deux bouts. Quant aux mères, elles ne trouvent pas de médicaments (...)". "La situation est difficile et exceptionnelle. Mais il n'est pas difficile de redresser le pays", a affirmé le milliardaire tripolitain, assurant que son équipe œuvrera  dans ce sens. "Nous entrerons en contact avec toutes les instances internationales pour assurer les besoins élémentaires du pays", a insisté Nagib Mikati, en donnant indirectement quelques éléments sur la politique qu’il compte suivre pour tirer le pays de la crise dans laquelle il est plongé : "Je vais frapper à toutes les portes, et notamment aux portes du monde arabe pour rétablir les ponts coupés. Nous avons besoin du monde arabe auquel le Liban appartient et je suis persuadé que nos frères ne vont pas nous lâcher", a encore dit M. Mikati, en  soulignant l’envergure nationale de son cabinet "qui est celui de tout le Liban et non pas d’une partie déterminée". "J'espère que nous pourrons freiner l’effondrement et rendre au Liban son âge d'or", a souhaité le chef du gouvernement, réitérant son attachement à l'accord de Taëf (de 1989) et à la Constitution.

Répondant à une question sur un éventuel tiers de blocage, M. Mikati a lancé: "Gardez la politique de côté. Nous voulons travailler pour assurer le minimum des critères d'une vie digne. Que celui  qui veut bloquer (l'action du gouvernement) reste dehors ou qu’il assume la responsabilité de son action". "En tant que Premier ministre, j’ai avec moi les deux tiers (des ministres) qui sont déterminés à construire le pays".

M. Mikati a, par ailleurs, assuré que le bloc du Liban fort dont le Courant patriotique libre de Gebran Bassil est la principale composante accordera sûrement la confiance au gouvernement, précisant que ce point a fait l'objet de contacts qu'il a menés avec le président Aoun.

En réaction aux critiques selon lesquelles les membres de son équipe ne sont pas indépendants, le chef du gouvernement a reconnu que les ministres ont probablement des affinités politiques, en précisant toutefois qu’ils sont des spécialistes. "Nous avons d'ici au 21 mai (date de l'expiration du mandat de la Chambre) pour accomplir notre mission", a-t-il poursuivi. Et M. Mikati de s'engager  à organiser les législatives mais aussi les municipales et élections de moukhtars prévues en mai 2022  à temps

Évoquant la question de la levée des subventions, prévue prochainement, le chef du gouvernement a annoncé  que son équipe établira rapidement un plan : "Nous ne voulons pas lever les subventions, mais nous n'avons plus de ressources pour les maintenir. Nous devons nous serrer la ceinture en ces temps difficiles, a-t-il souligné.

Interrogé au sujet des navires iraniens transportant des carburants pour résoudre le problème des pénuries que connaît le Liban, et dont le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait annoncé l'arrivée, Nagib Mikati s’est contenté d’indiquer qu’il compte "collaborer avec tous les pays dans l'intérêt du Liban, à l’exception d’Israël".

A son tour, dans une conversation à bâtons rompus avec les journalistes, le président Michel Aoun a indiqué que son camp n’a pas obtenu la minorité de blocage. "Nous avons pris ce que nous étions supposés prendre. Nous avons préservé la Constitution et les usages", dans la formation du cabinet, a-t-il dit, en allusion à sa part au sein du cabinet, jugeant que les accusations portées à son encontre au sujet de sa volonté d’obtenir le tiers de blocage "s’inscrivent dans le cadre d’une guerre politique" menée contre lui.

Prié de dire si le bloc parlementaire affilié à son camp accordera la confiance au gouvernement, M. Aoun a répondu : M. "Mikati a oublié un mot : la confiance s’accorde au programme", en allusion ainsi aux propos du Premier ministre selon lesquels le CPL accordera sa confiance à son équipe.

Il s’est défendu d’avoir utilisé le mot "enfer" dans le sens que ses détracteurs lui donnent et qui lui reprochent notamment d’avoir "tenu sa promesse lorsqu’il avait déclaré que le pays se retrouvera en enfer si un gouvernement n’est pas formé". "J’avais dit que nous vivions en enfer et que nous allions en sortir", a souligné le président.


S'exprimant vendredi à l'issue d'une réunion de plus d'une demi-heure avec le président Michel Aoun et suite à l'annonce de la formation de son gouvernement, le Premier ministre libanais Nagib Mikati a commencé par dresser un tableau de la situation catastrophique au Liban, après avoir rappelé que le gouvernement de son prédécesseur, Hassane Diab, a démissionné il y a treize mois, jours pour jour. Il a d’emblée indiqué qu’il n’avait pas préparé de déclaration écrite. "Normalement le Premier ministre donne lecture d'un communiqué dans lequel il expose le plan d'action du cabinet. Mais aujourd'hui, je vais laisser mon cœur parler", a-t-dit, avant d'ajouter, la voix étranglée par l’émotion : "Tout le monde connaît la situation du pays, des plus vieux aux plus petits, jusqu’aux nourrissons dans leurs...