Du pain frais dans une boulangerie de Beyrouth, le 1er juillet 2020. Photo AFP
Du mazout a été distribué jeudi aux boulangeries du Liban-Nord, qui avaient mis en garde en début de semaine contre un arrêt forcé de leur production de pain faute de carburant. Lors de cette distribution, le président de la municipalité Tripoli, Riad Yamak, a appelé à ce qu'une "solution définitive" soit trouvée aux pénuries dont souffre le Liban depuis des mois, sans quoi "une révolution" pourrait avoir lieu dans les quartiers de la ville la plus pauvre du bassin méditerranéen.
Selon des informations de notre correspondant Michel Hallak, le mazout a été distribué aux boulangeries de Tripoli conformément aux listes établies par le ministère de l'Economie. Lors de cette distribution, M. Yamak a insisté sur l'importance que ce produit soit livré de manière "juste et transparente" et de trouver une "solution définitive" à cette crise qui touche particulièrement Tripoli et le Nord, des "régions populaires, pauvres et surpeuplées dans lesquelles une crise du pain pourrait provoquer une révolution".
De son côté, le président du syndicat des boulangers du Liban-Nord, Tarek el-Mir, a annoncé que la production du pain avait repris depuis hier, mercredi, à la suite de la distribution de mazout dans le Akkar. "Nous réclamons que le mazout continue à nous être livré de manière régulière afin que nous puissions travailler normalement", a-t-il ajouté.
Mardi, le syndicaliste avait mis en garde contre une fermeture des boulangeries dans toute la région nord faute de mazout pour assurer la production du pain.
Les carburants, qui sont jusqu'à présent subventionnés à un taux de 8.000 livres libanaises pour un dollar (contre le taux officiel, mais quasiment inusité, de 1507,5 LL), sont en pénurie dans le pays, en raison de limitations des importations subventionnées par la Banque du Liban (BDL) dont les réserves en devises sont au plus bas, de la contrebande et du stockage illégal des produits. Ces subventions pourraient être totalement supprimées "dans les prochains jours", ont indiqué mardi des parties prenantes de ce secteur, ce qui ferait exploser le prix de l'essence et du mazout et, par conséquent, de nombreuses autres denrées.


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