Des soignants s'occupant d'un patient suspecté d'être contaminé par le coronavirus, à Beyrouth, en avril 2020. Photo d'archives AFP / JOSEPH EID
Afin d'assurer une rentrée scolaire sécurisée dans un Liban en pleine crise, de nombreux professionnels de santé s'activent pour accélérer l'immunisation collective, alors que treize décès et 641 nouvelles contaminations au coronavirus ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures, dont 14 en provenance de l'étranger, selon le bilan quotidien publié lundi par le ministère de la Santé. Le nombre peu élevé de nouvelles contaminations est dû au fait que la majorité des laboratoires analysant les tests de dépistage sont fermés le dimanche. Ces chiffres portent à 608.041 le nombre cumulé de cas depuis le début de la pandémie au Liban en février 2020, parmi lesquels on dénombre un total de 8.114 décès et 561.984 guérisons. Parmi les cas toujours actifs, 426 sont hospitalisés, dont 197 en soins intensifs. Le taux de positivité au virus par rapport au nombre de tests effectués est de 7,5 %.
Sur le plan de la vaccination, le ministère a indiqué dans son rapport que 31,1 % des personnes éligibles ont reçu depuis mi-février une première dose de vaccin et 25,6 % les deux nécessaires pour atteindre l'immunité la plus complète possible avec les produits Pfizer, AstraZeneca, Spoutnik-V ou Sinopharm.
"Responsabilité partagée"
La propagation du variant Delta et l'augmentation du nombre quotidien de décès inquiètent les professionnels de santé, notamment à l'approche de la reprise des cours en présentiel dans les écoles, prévue ce mois-ci. Dans ce contexte, la conseillère du Premier ministre sortant pour les questions de santé, Petra Khoury, a rappelé dimanche soir que le port du masque, la distanciation d'un mètre ainsi que la bonne aération des locaux permettront de protéger contre la propagation du virus lors de la rentrée scolaire. Elle a souligné que "le masque est obligatoire pour les enfants de plus de 5 ans". "Le pourcentage de propagation sera moins élevé si les vaccins sont assurés au corps enseignant et administratif dans les écoles", a-t-elle également estimé. Elle a ensuite précisé que les personnes qui refusent de se faire vacciner devraient effectuer un test PCR chaque 72 heures, une option qui semble irréaliste, alors que la valeur des salaires des enseignants s'est effondrée en raison de la crise économique et financière que traverse le pays. Petra Khoury a ensuite relevé que "la responsabilité est partagée" entre le ministère de la Santé, les écoles, les élèves ainsi que les parents, rappelant aussi que "le vaccin est très essentiel". "Si nous ouvrons les restaurants, les salles de sport et d'autres endroits dans lesquels la propagation pourrait être élevée, il nous faut également ouvrir les écoles", a-t-elle enfin affirmé.
Restrictions aux voyages
La hausse des contaminations quotidiennes dans le pays avait poussé l'Union européenne le 30 août dernier à retirer le Liban de la liste des pays jugés "sûrs" du point de vue sanitaire, ce qui implique une réimposition de restrictions aux voyages non essentiels. Dans ce contexte, plusieurs pays de l'UE ont publié ces derniers jours de nouvelles restrictions d'entrée sur leur territoire pour les voyageurs en provenance du Liban. Après l'Allemagne et la Belgique qui ont émis de telles conditions, relatives notamment à la vaccination des passagers et à l'obligation d'effectuer un test PCR avant l'arrivée dans le pays, ce sont l'Espagne, les Pays-Bas et le Danemark qui ont imposé des mesures similaires. Les détails de ces dispositions peuvent être consultés pour chaque pays sur le site de la Middle East Airlines, la compagnie aérienne libanaise.

