Messi et Neymar, coéquipiers et amis au Paris SG, mais rivaux en qualifications pour le Mondial 2022 au Qatar. Mauro Pimentel/AFP
Alors que les champions d’Europe italiens retournent au combat, contre la Bulgarie, l’Angleterre et l’Espagne cherchent à éviter le piège contre la Hongrie et la Suède, ce soir en qualifications pour le Mondial 2022 au Qatar.
Les finalistes malheureux de l’Euro se déplaceront à Budapest pour un match qui semble à leur portée face à une Hongrie qui voudra toutefois se racheter de son élimination dès les phases de poule lors de la compétition européenne. Les hommes de Gareth Southgate, en tête de leur groupe I, ont maintenant pour eux l’expérience acquise à l’Euro tout en restant une équipe très jeune (25 ans de moyenne d’âge) et l’entraîneur devrait aligner une équipe quasiment inchangée par rapport à celle battue aux tirs au but par l’Italie (1-1, 3-2 t.a.b.) en finale à Wembley en juillet.
L’Espagne, demi-finaliste de l’Euro, ira à Stockholm pour rencontrer une sélection suédoise, déjà défiée à l’Euro (0-0) et encore privée de Zlatan Ibrahimovic, blessé. La Roja est en tête de son groupe B devant la Suède, mais avec un match de plus. Luis Enrique a choisi de n’appeler aucun joueur du Real Madrid pour les matches de qualification de septembre. Il fait lui aussi le pari de la jeunesse en appelant Éric Garcia (20 ans) déjà convoqué à l’Euro, mais aussi pour la première fois Brais Mendez (24 ans), Pablo Fornals (25 ans) et Abel Ruiz (21 ans).
Les autres grandes nations du football européen en lice ce soir devraient avoir la tâche plus facile. L’Italie, toute auréolée de son titre européen, accueille la Bulgarie. L’Allemagne se déplace au Liechtenstein et la Belgique en Estonie. L’Italie cherchera surtout face à la Bulgarie à Florence à égaler le record d’invincibilité d’une sélection nationale, 35 victoires obtenues par l’Espagne entre 2006 et 2009. Il faut remonter à 2018 pour retrouver une défaite de la Nazionale, face au Portugal. Du côté de l’Allemagne, il s’agira du premier test pour le nouvel entraîneur Hansi Flick qui voudra avant tout éviter une répétition de la défaite contre la Macédoine du Nord lors de la troisième journée de ces mêmes éliminatoires fin mars. La Mannschaft est du coup seulement 3e de son groupe J, pourtant peu relevé. La Belgique domine le groupe E et ne devrait pas avoir trop de peine face à l’Estonie, dernière de ce même groupe.
L’Amérique du Sud
Sans Cavani ou Alisson, retenus en Angleterre par leurs clubs, mais avec les nouveaux coéquipiers parisiens Neymar et Messi, les éliminatoires sud-américaines pour le Mondial 2022 reprennent à partir de ce soir. « La compétition a été faussée », peste Diego Godin. « Il n’est pas normal que les équipes nationales ne puissent pas compter sur les joueurs que les entraîneurs considèrent comme éligibles à la sélection », a asséné le capitaine de l’Uruguay, un des rares à s’offusquer ouvertement de la décision des clubs de Premier League. Ceux-ci ont en effet décidé de « ne pas libérer les joueurs pour les matches internationaux se déroulant dans les pays de la liste rouge » avec une circulation importante du Covid-19 dressée par le gouvernement britannique. Soucieux d’éviter à leurs joueurs sud-américains ou africains les dix jours d’isolement obligatoire, quel que soit leur statut vaccinal, ils se sont opposés à la FIFA malgré la menace de sanctions financières.
Le Brésil va donc faire sans Thiago Silva (Chelsea), Ederson et Gabriel Jesus (Manchester City), Alisson, Fabinho et Firmino (Liverpool), Fred (Manchester United) mais également Richarlison (Everton) et Raphinha (Leeds). Le sélectionneur brésilien Tite a fait appel en urgence à neuf autres joueurs mobilisables, dont les attaquants Hulk (Atlético Mineiro), Malcom (Zenit Saint-Pétersbourg) et Vinicius Junior (Real Madrid). Manchester United a de son côté bloqué l’Uruguayen Edinson Cavani, dont l’absence s’ajoute à celle sur blessure de Luis Suarez (Atlético Madrid). Sans ses deux meilleurs joueurs, l’Uruguay (4e, 8 points en six journées) joue gros face à des équipes supposées inférieures : le Pérou (10e, 4 pts) et la Bolivie (8e, 5 pts) avant de recevoir l’Équateur (3e, 9 pts). Tottenham (Sergio Romero, Giovani Lo Celso) et Aston Villa (Emiliano Martinez, Emiliano Buendia) ont en revanche finalement laissé leurs Argentins rejoindre le capitaine Messi, arrivé lundi à Caracas accompagné de Leandro Paredes et Angel Di Maria pour affronter le Venezuela (9e, 4 pts).
Les clubs français, italiens, espagnols et portugais n’ont finalement pas fait obstacle à la mise à disposition de leurs joueurs. Pourtant, la Ligue espagnole avait ouvert les hostilités contre la décision de la FIFA d’élargir la fenêtre internationale pour l’Amérique du Sud, mais elle a été déboutée dimanche dernier par le Tribunal arbitral du sport (TAS) et a dû se résigner. En plus de ses Argentins, le Paris SG a laissé s’envoler Marquinhos et Neymar rejoindre la Seleção. Les Lyonnais Lucas Paqueta et Bruno Guimaraes seront de la partie, comme le néo-Marseillais Gerson, appelé de dernière minute.
Revanche Brésil-Argentine
Bien qu’invaincu (1er, 18 pts), le Brésil n’aura pas la partie facile ce soir à Santiago contre le Chili, en difficulté (7e, 6 pts) et privé de ses deux « Anglais », Francisco Sierralta (Watford) et Ben Brereton (Blackburn). D’autant plus qu’un clásico sud-américain aura lieu trois jours plus tard à São Paulo. Neymar et le Brésil auront à cœur de laver l’affront de la défaite, en juillet au stade Maracana de Rio, en finale de la Copa America face à l’Argentine de Messi (1-0, but de Di Maria) qui officiait encore au Barça.
Pour son retour en sélection après son départ de Barcelone, le capitaine de l’Albiceleste retrouvera le maillot numéro 10, quitté en club au profit du 30 au PSG. Des retrouvailles qui lui permettent de mesurer ce qu’il a accompli cet été en soulevant, à 34 ans, son premier trophée international, alors qu’il restait sur quatre défaites en finale : trois Copa America (2007, 2015 et 2016) et une Coupe du monde (2014). La fenêtre de septembre, Messi voudra la refermer sur un feu d’artifice contre la Bolivie, devant les supporteurs autorisés à prendre place dans le Monumental de Buenos Aires qui voudront le remercier d’avoir mis fin à 28 années de disette pour l’Argentine.
Source : AFP

