Édito Édito

Inquiétudes

Trois réflexions inquiètes nous viennent à l’esprit en cette période noire que traverse le Liban :

- La première est la multiplication dangereuse d’incidents sécuritaires destinés à créer une fitna dans le pays et à déclencher une nouvelle guerre civile. Les incidents qui ont opposé ces derniers temps différentes communautés dans plusieurs régions ne sont pas le fruit du hasard. Elles sont la résultante d’une volonté délibérée de créer des tensions et peut-être un conflit armé afin de déstabiliser le pays et de détourner la population de la crise économique qui l’étouffe – scénario confirmé par des précédents historiques…

- La deuxième est l’obstructionnisme exercé par différentes instances politiques afin de contrarier et contrecarrer l’action du juge Bitar dans l’enquête de l’explosion du port de Beyrouth. Cet obstructionnisme est évidemment suspect car il présuppose que ceux qui l’adoptent ont quelque chose à cacher. Certes, on peut reprocher au magistrat de s’en prendre à un maillon faible en la personne du Premier ministre démissionnaire, d’ignorer l’article 70 de la Constitution qu’il aurait fallu abolir mais qui existe bel et bien, et de mettre la charrue avant les bœufs en ne répondant pas aux questions suivantes : Qui a introduit le nitrate au Liban, qui s’est servi copieusement dans le stock et que s’est-il réellement produit le 4 août à 18 heures 07 ? La reconstitution faite récemment sur les lieux du crime prouve que toutes les hypothèses sont toujours à l’étude et que l’enquête n’a pas encore abouti…

- La troisième, enfin, concerne l’échéance électorale des législatives qui se rapproche dans l’indifférence des autorités, alors qu'il faudrait entreprendre au plus vite des contacts avec l'Organisation internationale de la Francophonie afin qu’elle mobilise une mission électorale, comparable à celle qui vient de rentrer de Moldavie, pour surveiller le processus électoral et consigner les infractions constatées, avec une attention particulière accordée au dépouillement par voie électronique, source de manipulations probables. À l’heure où le pays s’engouffre dans un tunnel obscur, en l’absence de gouvernement, il faudra se concentrer sur cette échéance qui devrait permettre aux contestataires et à la société civile de remporter quelques sièges au Parlement dans le but de mieux contrôler de l’intérieur les agissements d’une classe politique qui a montré ses limites et conduit le pays à la catastrophe annoncée…



Trois réflexions inquiètes nous viennent à l’esprit en cette période noire que traverse le Liban :- La première est la multiplication dangereuse d’incidents sécuritaires destinés à créer une fitna dans le pays et à déclencher une nouvelle guerre civile. Les incidents qui ont opposé ces derniers temps différentes communautés dans plusieurs régions ne sont pas le fruit du...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut