Des camions près du port de Beyrouth, le 18 mars 2021. Photo d'archives ANI
La Fédération nationale des syndicats d'ouvriers et employés au Liban (FENASOL) et le syndicat des transporteurs du port de Beyrouth ont annoncé que les conducteurs de camion du port observeront mardi dès la matin à 6h une grève générale, afin de réclamer un ajustement de leurs salaires pour faire face à la crise socio-économique qui ravage le Liban depuis près de deux ans.
"Nos salaires ne permettent plus de nourrir une seule bouche et nous vivons désormais sous le seuil de pauvreté", ont déploré les syndicats dans un communiqué publié lundi. Ils ont critiqué le fait qu'aucune initiative n'a été prise par les propriétaires des entreprises importatrices et agences chargées du dédouanement des produits pour ajuster les salaires des conducteurs du port, alors que de telles mesures ont été décidées pour les transporteurs publics.
Ils ont réclamé que les salaires soient payés en livres libanaises au taux du marché parallèle (qui tourne lundi autour de 19.200 LL pour un dollar) et non au taux fixe de 1.505 LL, avec des frais de déplacement réajustés et des aides à la scolarisation des enfants. "Nous aurons recours à des mesures d'escalade à partir de jeudi si nos revendications ne sont pas satisfaites", ont ajouté la Fédération nationale et le syndicat.
La crise au Liban, débutée à l'automne 2019 et exacerbée par l'inaction des dirigeants et la pandémie de coronavirus, est l'une des pires dans le monde depuis 1850, selon la Banque mondiale. Elle est marquée par une hyperinflation et une dépréciation rapide de la monnaie nationale, de graves pénuries d'électricité, de carburant et de médicaments ainsi que de certains aliments. Cet effondrement, qui impacte le fonctionnement de toutes les institutions du pays, a poussé 78% de la population sous le seuil de pauvreté, selon des chiffres de l'ONU.


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