Le ministre sortant de la Santé Hamad Hassan, lors d'une perquisition d'un entrepôt de médicaments stockés illégalement à Nabatiyé au Liban-Sud, le 23 août 2021. Photo ANI
Au moment où le secteur sanitaire au Liban est menacé par toutes sortes de pénuries, le ministre sortant de la Santé Hamad Hassan a fait perquisitionner dans la nuit de lundi à mardi un entrepôt situé dans la localité de Toul à Nabatiyé (Liban-Sud) où étaient stockés illégalement des médicaments.
Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), le ministre a fait saisir de "grandes quantités de médicaments importés" dont certains ont vu leurs prix augmenter après la levée des subventions décidée par les autorités il y a plus d'un mois. Des produits destinés au traitement des maladies chroniques, introuvables sur le marché local, ont également été retrouvés dans l'entrepôt.
Hamad Hassan a déploré au cours de l'opération "le cerveau mafieux et criminel des accapareurs". Selon lui, le stockage illégal de médicaments constitue "un scandale flagrant", notamment parce que les produits ne sont pas entreposés dans des conditions qui permettent de préserver leur efficacité. Il a appelé les autorités à prendre les mesures nécessaires à l'encontre des accapareurs, précisant que les médicaments saisis en accord avec le pouvoir judiciaire seront distribués d'une manière "juste". Le ministre sortant a par la suite annoncé sur son compte Twitter "l'arrestation du propriétaire de l'entrepôt PSD et la confiscation des médicaments qui y étaient stockés, afin de les distribuer gratuitement à la population". Il a également fait savoir que la société Neopharm à Okaïbé a été contrainte de vendre son stock de médicaments subventionnés. Les compagnies Pharmanet, Picomed et Bellapharm, situées dans la localité de Jadra, ont elles aussi été contraintes d'écouler leurs stocks et ont été déférées devant la justice.
Le ministre avait également effectué des perquisitions similaires plus tôt en journée, hier, accompagné de médias.
La Banque du Liban (BDL) qui subventionne entre autres l'importation des médicaments, avait prévenu qu'elle devrait mettre un terme à ces mécanismes, ses réserves de devises ayant atteint un seuil alarmant. La banque centrale fournissait aux importateurs de médicaments 85% des devises nécessaires au taux officiel de 1.507,5 livres pour un dollar pour certains produits, alors que le reste devait être trouvé par les importateurs au taux du marché parallèle, qui oscille autour de 19.000 LL. Le ministère de la Santé avait annoncé au cours du mois de juillet que les médicaments dont le prix est inférieur à 12.000 LL et ceux qui peuvent être trouvés dans les centres de santé primaires, ne seront plus subventionnés. A contrario, les médicaments pour le traitement des maladies chroniques, incurables, psychiques et nerveuses, ainsi que le lait pour nourrissons et les vaccins" continueraient de l'être.


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