Le président de la fédération générale des syndicats de travailleurs au Liban, Maroun al-Khouli. Photo ANI
Le président de la fédération générale des syndicats de travailleurs au Liban, Maroun al-Khouli, a appelé l'Etat à mettre temporairement la gestion du secteur des carburants sous la tutelle de l'armée, le temps de résoudre les pénuries drastiques dont souffrent les Libanais. Le syndicaliste a fait cette déclaration quelques heures après l'explosion d'un énorme réservoir d'essence à Tleil, dans le Akkar, qui a fait au moins 28 morts et des dizaines de blessés.
Dans un communiqué, M. Khouli a appelé le cabinet sortant à "se réunir d'urgence pour décider de remettre temporairement le secteur des carburants aux mains de l'armée". Il a fait porter la responsabilité de l'explosion au Premier ministre sortant, Hassane Diab, aux ministres de l'Economie, Raoul Nehmé, et de l'Energie, Raymond Ghajar, ainsi qu'au gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé. "La bonne gestion du secteur des carburants ne nécessite pas spécialement des ingénieurs, mais des décisions politiques et administratives concernant la distribution et la lutte contre la contrebande et les monopoles, ce qui est dans les prérogatives du ministère de l'Energie", a-t-il ajouté.
Selon les informations disponibles jusqu'à présent, la déflagration de dimanche à l'aube a eu lieu sur un terrain d'un habitant de Tleil loué à un homme originaire de Wadi Khaled qui avait été arrêté il y a plusieurs mois pour contrebande de carburant à destination de la Syrie. Samedi, des habitants du Akkar étaient entrés de force sur ce terrain, accompagnés de soldats, et avaient saisi une grande cuve d'essence. L'armée avait, selon un communiqué de son commandement, mis le carburant à la disposition des citoyens qui souffrent depuis des mois de graves pénuries. C'est pendant la distribution de l'essence que, pour une raison qui n'a pas encore été élucidée, le contenu de la cuve a explosé, tuant au moins 28 personnes et faisant des dizaines de blessés, dont la majorité sont dans un état grave.
Pour faire face à la crise du carburant, l'armée était intervenue samedi dans tout le pays et avait obligé les propriétaires de stations-service à ouvrir leurs établissements et vendre leurs stocks au tarif toujours officiel, fixé sur le taux de 3.900 livres libanaises pour un dollar. La plupart des établissements avaient fermé leurs portes après l'annonce, mercredi soir, que la Banque du Liban n'allait plus subventionner le carburant.


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