Le coureur cycliste slovène Primoz Roglic, fraîchement sacré champion olympique du contre-la-montre au Japon, aborde le Tour d’Espagne 2021, qui démarre aujourd’hui, en position de grand favori à sa propre succession. Sergio Perez/Reuters
La Vuelta des cathédrales va-t-elle couronner son pape pour la 3e année consécutive ? Le coureur cycliste slovène Primoz Roglic, fraîchement sacré champion olympique du contre-la-montre au Japon, aborde le Tour d’Espagne 2021, qui démarre aujourd’hui, en position de grand favori à sa propre succession.
Comme la saison dernière, Primoz Roglic (Jumbo-Visma) s’aligne au Tour d’Espagne pour se venger d’un Tour de France gâché (abandon avant la 9e étape) et surfer sur sa performance au pied du mont Fuji fin juillet. En cas de victoire au terme des trois semaines de course entre Burgos et Saint-Jacques-de-Compostelle, capitale galicienne qui avait déjà sacré Alberto Contador en 2014, Primoz Roglic pourrait devenir le premier coureur à rafler trois Vuelta de rang depuis Roberto Heras (2003, 2004 et 2005). Et cette année, le parcours semble taillé pour lui, entre altitude et vitesse : onze étapes de relief (dont sept de montagne) et deux contre-la-montre individuels – lors de la première étape, aujourd’hui autour de Burgos, et lors de la dernière, aux alentours de la cité compostellane.
Gamoniteiru, grande première
Après une édition 2020 perturbée par la pandémie de coronavirus (repoussée à octobre-novembre 2020, raccourcie de 21 à 18 étapes, annulation des passages aux Pays-Bas, en France et au Portugal), les coureurs reviendront cette année à une formule classique de 21 étapes.
Il y aura toutefois une nouveauté : l’ascension du terrible Gamoniteiru, un col interminable de 15 km à 10-12 % de pente moyenne qui culmine à plus de 1 700 mètres, et que la Vuelta gravira pour la première fois de son histoire lors de la 18e étape. Ce sera au lendemain d’une 17e étape déjà éreintante, qui s’achèvera en beauté près des magnifiques lacs de Covadonga (col hors catégorie), après deux ascensions du sommet de la Collada Llomena, elle aussi inédite sur le Tour d’Espagne. Deux étapes qui pourraient décider du sort de la course, avant les trois dernières étapes en Galice.
Face à Primoz Roglic, ici, il n’y aura pas de Tadej Pogacar. Mais même en l’absence du double lauréat sortant du Tour de France, la concurrence sera féroce. Egan Bernal (Ineos), vainqueur du Giro (Tour d’Italie) en mai dernier, rêve de devenir le dixième coureur de l’histoire à remporter deux grands tours la même année, un exploit que seuls Alberto Contador (Giro et Vuelta en 2008) et Christopher Froome (Tour de France et Vuelta en 2017) ont su réaliser au XXIe siècle. Avec son sacre sur la Grande Boucle en 2019, Egan Bernal pourrait même entrer dans le club très fermé des champions sacrés sur les trois grands tours (Christopher Froome, Vincenzo Nibali, Alberto Contador, Felice Gimondi, Jacques Anquetil, Bernard Hinault, Eddy Merckx), et deviendrait le plus jeune coureur à réaliser ce triplé, à seulement 24 ans. L’autre principal rival de Primoz Roglic sera Richard Carapaz (Ineos), qui vient de décrocher la médaille d’or sur l’épreuve en ligne des Jeux olympiques, juste après avoir terminé le Tour de France sur la 3e marche du podium. Mais l’Équatorien devra sans doute se contenter d’un rôle d’équipier de luxe d’Egan Bernal sur cette Vuelta.
Parmi les outsiders, on compte notamment le Basque Mikel Landa, récent vainqueur du Tour de Burgos et bien entouré au sein de la formation Bahreïn, ou le trio Alejandro Valverde/Enric Mas/Miguel Angel López pour l’équipe Movistar. Chez les Français, les deux principales attractions sont Romain Bardet (DSM) et Guillaume Martin (Cofidis), qui avait fini meilleur grimpeur et 14e au classement général de la Vuelta 2020.
Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA/AFP


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