Le chef du PSP a tenu hier une conférence de presse à Clemenceau, en présence de son fils, le député Taymour Joumblatt. Photo ANI
Commentant les incidents ayant secoué ces deux dernières semaines des localités à majorité druze, notamment Khaldé au sud de Beyrouth et Chouaya dans le caza de Hasbaya, le leader du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, a adopté hier un ton modéré face au Hezbollah – avec qui il dit continuer à gérer le conflit, dans la mesure où « il s’agit d’une force politique essentielle et présente » sur la scène locale. Une façon pour le leader druze de contenir les débordements sécuritaires et les risques d’une discorde druzo-chiite ou sunnito-chiite, notamment après les incidents de Khaldé et de Chouaya. M. Joumblatt n’a pas toutefois cédé sur ses positions de principe, notamment son opposition à l’arsenal du parti chiite qui s’octroie la décision de guerre et de paix et à l’utilisation de cet arsenal en mettant des zones résidentielles sous la menace de représailles israéliennes.
Lors d’une conférence de presse à son domicile à Beyrouth, rue Clemenceau, le chef du PSP a adopté un ton modéré qui détonne avec l’actualité brûlante du pays. Il a surtout commenté les échauffourées ayant eu lieu vendredi dernier à Chouaya. Ce jour-là, quelques heures après des tirs de roquettes par le Hezbollah en direction d’Israël, un camion transportant un lance-roquettes à plusieurs canons, utilisé par le parti chiite pour cibler l’État hébreu, avait été intercepté par des habitants du village.Revenant sur ces développements, M. Joumblatt s’est déclaré « non favorable » aux tirs de roquettes à partir des zones résidentielles, invitant l’armée à expliquer ce qui s’est passé. « Je ne veux pas de surenchère à ce sujet. Je souhaite que cet incident soit limité à sa stricte dimension interne », a-t-il lancé, dans une tentative de réduire la portée de cet incident et des réactions qui ont suivi sur la scène druzo-chiite. Et M. Joumblatt de souligner que ces échauffourées font l’objet de contacts actuellement en cours avec les forces régulières. S’il a assuré « ne comprendre ni le timing ni le but » de l’incident de Chouaya, il a toutefois déclaré : « Nous sommes capables de résoudre nous-mêmes nos problèmes. »
L’incident de Khaldé
M. Joumblatt est par ailleurs revenu sur les affrontements armés qui ont eu lieu fin juillet à Khaldé, fief de son rival Talal Arslane, lorsqu’un convoi funéraire d’un partisan du Hezbollah, Ali Chebli, tué la veille sur fond de vendetta, a été la cible d’éléments armés sunnites appartenant à des tribus dites « arabes de Khaldé ». Ces tribus, qui sont des groupes sunnites vivant dans des conditions traditionnelles et conservatrices sur les hauteurs de Khaldé et de Aramoun, accusaient Ali Chebli du meurtre de l’adolescent Hassan Ghosn un an plus tôt.
Au lendemain de ces accrochages, le cheikh Omar Ghosn et son fils ont été arrêtés par les services de renseignements de l’armée. Omar Ghosn est considéré comme évoluant dans la mouvance du courant du Futur tout en étant d’obédience salafiste. Le cheikh s’est imposé comme chef de file du courant sunnite hostile au Hezbollah dans la région, multipliant les frictions avec les chiites présents entre Khaldé et Ouzaï, et fermant régulièrement la route au niveau de ce croisement important qui constitue la principale voie reliant le Liban-Sud à la banlieue sud de Beyrouth.
« Les tribus arabes de Khaldé n’ont pas respecté leurs engagements et n’ont pas remis aux autorités certaines personnes recherchées par la justice », a déclaré M. Joumblatt. « J’ai décidé de me retirer de l’affaire et de laisser l’enquête menée par l’armée et les services de sécurité suivre son cours », a-t-il ajouté, insistant sur l’importance de remettre tous les prévenus à la justice.
Levée des subventions
Évoquant la crise économique et sociale qui frappe le Liban de plein fouet, et qui a pris une nouvelle dimension avec la décision prise mercredi par la Banque du Liban de lever les subventions sur les carburants, Walid Joumblatt a déclaré : « Il n’y a d’autre choix que celui de lever les subventions sur les carburants tant que la plus grande part du mazout et de l’essence (subventionnés) est transportée en Syrie au moyen de la contrebande à travers la frontière. Il ne restera rien des réserves obligatoires de la BDL, si les subventions sont maintenues, et ce sera la catastrophe. D’autant que nos frontières sont ouvertes et échappent au contrôle des services de sécurité », a averti M. Joumblatt.
« Plus on a rapidement recours à la carte d’approvisionnement, plus on réduit la peine du peuple libanais », a-t-il estimé, rappelant que la mise en application de cette carte devrait être supervisée par la Banque mondiale jusqu’à la formation d’un gouvernement.




Jumblatt a raison de se montrer ferme et de ne plus trembler devant les menaces des vendus qui n’hésitent pas à semer la zizanie dans son fief et à la montagne à chaque fois que les libanais dénoncent ses méthodes guerrières non justifiées. Il a compris que qu’il fasse il sera puni de toute façon et restera à la merci de HN et ses alliés vendus dans le chouf comme ailleurs. Il serait temps de prendre le taureau par les cornes et de le mettre devant un choix. Si HN veut la guerre, il l’aura mais elle ne sera pas menée de la façon dont ce dernier imagine. Les libanais sont en droit de défendre leurs villages et leurs maison des usurpateurs et ses derniers seront maudits et combattus par tous les libanais si d’aventure ils oseraient tourner leurs armes contre eux. Après tout ils se considèrent comme des résistants contre l’ennemi Israël, alors comment iront ils justifier leurs agressions du peuple libanais dans leurs villages et dans leurs fiefs.
11 h 14, le 14 août 2021