Le président du syndicat des propriétaires de restaurants, de boîtes de nuit, de cafés et de pâtisseries au Liban, Tony Ramy. Photo ANI
Le président du syndicat des propriétaires de restaurants, de boîtes de nuit, de cafés et de pâtisseries au Liban, Tony Ramy, a mis en garde mercredi contre une paralysie totale du secteur touristique, menacé par les pénuries d'hydrocarbures qui s'accentuent au Liban, précisant qu'"il est impossible pour le secteur touristique de continuer ainsi".
"Nous avions déjà annoncé un état d'urgence touristique il y a quelques temps en raison des pénuries de mazout, mais personne n'a entendu notre appel", a déploré M. Ramy dans un communiqué. "Tous les responsables refusent de nous fournir du courant et nous empêchent d'avoir recours à des alternatives", a-t-il regretté. Compte tenu de cette situation, le syndicaliste a averti qu'"il est impossible pour le secteur touristique de continuer ainsi (...)", insistant sur le fait que ce "coup le plus violent soit porté au secteur en pleine haute saison". "Nous ne parvenons pas à acheter du mazout de manière légale et nous nous en procurons des quantités du marché noir qui ne suffisent que pour quelques heures ", a-t-il également souligné. "Nous avons dépassé toutes les lignes rouges et nous nous trouvons impuissants alors que nous nous enlisons de plus en plus dans les crises" que traverse le pays, a-t-il poursuivi, dénonçant en outre le chantage de certains propriétaires de générateurs qui réclament "trois millions de livres libanaises pour cinq ampères, ou bien ils coupent leur groupe électrogène".
M. Ramy a encore indiqué que les grandes chaînes internationales de restaurants "vont fermer la moitié de leurs branches (au Liban) afin d'éviter une fermeture totale".
L'accès au mazout demeure compliqué au Liban, et ce malgré une hausse de son prix, entérinée en juillet, et initialement annoncée comme une solution aux pénuries dans le pays. Ces difficultés d'accès aux hydrocarbures sont notamment liées au mécanisme de subvention de l'importation de ces produits par la Banque du Liban (BDL), dont les réserves ont atteint un niveau critique. Depuis le mois dernier, les importations de carburant sont subventionnées par la banque centrale au taux de 3.900 LL pour un billet vert alors que ce taux, toujours fixé officiellement à 1.507 LL pour un dollar, dépasse les 20.000 LL sur le marché parallèle. Dans ce contexte de crise, les propriétaires de générateurs privés, utilisés pour pallier le déficit de production d'Électricité du Liban, continuent de rationner leur production faute de mazout, ce qui menace les activités du secteur touristique dont les revenus sont importants pour le Liban, en plein effondrement économique et financier.


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