Le parti d’inspiration islamiste Ennahda, principale force parlementaire en Tunisie, s’est dit prêt à une « autocritique » et à un changement de politique, onze jours après le coup de force du président Saïed, qui a suspendu l’Assemblée dans un contexte de défiance entre les députés. Le 25 juillet, M. Saied a annoncé la suspension des activités du Parlement pour un mois et le limogeage du chef du gouvernement Hichem Mechichi, face à un fort mécontentement populaire en pleine crise sociale et sanitaire. Le Conseil consultatif du parti (Choura) Ennahda, réuni mercredi en session extraordinaire pour discuter de la situation, a souligné dans un communiqué hier « la nécessité pour le mouvement Ennahda de mener une autocritique approfondie de ses politiques ». Il s’est engagé à « procéder aux révisions et renouvellements nécessaires de ses programmes et des structures directrices » du parti. Il dit aussi « comprendre la colère de la population, notamment les jeunes, en raison d’un échec économique et social » ces 10 dernières années, pendant lesquelles Ennahda a participé à quasi toutes les coalitions parlementaires. Estimant que toute la classe politique est responsable de cet échec, il a invité le parti à présenter des excuses pour les erreurs commises durant cette période, selon le communiqué.
Moyen-Orient - Tunisie
Ennahda se dit prêt à une « autocritique »
OLJ / le 06 août 2021 à 00h00

