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Politique - Formation du gouvernement

Mikati de Baabda : Pas de rotation et le délai n'est pas "indéfiniment ouvert"

Nouvelle réunion entre le président et le Premier ministre désigné jeudi.

Mikati de Baabda : Pas de rotation et le délai n'est pas

Le président Michel Aoun recevant le Premier ministre désigné Nagib Mikati, le 2 août 2021, au palais de Baabda. Photo Dalati et Nohra

C'est un Nagib Mikati un peu moins optimiste que les premiers jours suivant sa désignation qui est sorti lundi de près d'une demi heure d'entretien avec le président de la République, Michel Aoun, au palais de Baabda. Après avoir confirmé que le gouvernement ne verra pas le jour avant la commémoration de l'explosion du port de Beyrouth le 4 août comme il le "souhaitait" -ce qu'il avait annoncé jeudi dernier-, les marchandages politiques obstruant une nouvelle fois sa tâche.

C'est sur un ton plus ferme que lors de ses précédents points de presse que le milliardaire de Tripoli a tenu à mettre les point sur les i : le délai (pour trouver une entente sur le dossier du gouvernement) n'est pas "indéfiniment ouvert" et la rotation au niveau des portefeuilles régaliens (les Finances, l'Intérieur, la Défense et les Affaires étrangères) ne sera pas sur la table.

"J'aurais souhaité que le rythme de formation de gouvernement soit plus rapide", a reconnu M. Mikati après la réunion avec le président Aoun, la quatrième depuis sa désignation. "Je voulais que nous formions un gouvernement rapidement pour l'annoncer aux Libanais avant le 4 août", qui coïncide avec le premier anniversaire de l'explosion dévastatrice au port de Beyrouth ayant fait 214 morts et plus de 6.500 blessés, a-t-il déclaré. Il a dans ce contexte insisté sur sa volonté de former ce nouveau gouvernement tant attendu dans un délai temporel limité, après un an de tergiversations et de tractations politiciennes."Le délai n'est pas indéfiniment ouvert. A bon entendeur, salut!", a-t-il lancé.

Pas de rotation
Le Liban est sans gouvernement depuis la démission de Hassane Diab et de son équipe le 10 août 2020. Le 26 juillet, le président Aoun a chargé Nagib Mikati, 65 ans, de former un nouveau cabinet après l'échec de ses deux prédécesseurs (Moustapha Adib et Saad Hariri qui s'est récusé après neuf mois de tractations) à mettre en place un cabinet censé mener des réformes indispensables pour sortir le Liban de la pire crise socio-économique de son histoire récente. L'aide internationale au Liban est conditionnée à la formation d'un gouvernement capable de lutter contre la corruption et de mener des réformes. Malgré les menaces de sanctions de l'Union européenne (UE), dont le cadre légal a été adopté vendredi dernier, ainsi que les avertissements et les accusations "d'obstruction organisée" ces derniers mois, les dirigeants libanais n'ont pas bougé d'un iota, poursuivant leurs marchandages. La France, qui chapeaute les efforts internationaux pour une sortie de crise, a annoncé une nouvelle conférence d'aide internationale au Liban le 4 août, pour "répondre aux besoins des Libanais".  Ce sont justement les préparatifs de cette réunion que M. Aoun devrait suivre de près tout au long de la journée de mardi qui ont retardé la cinquième réunion Aoun-Mikati jusqu’à jeudi prochain, selon le Premier ministre désigné.

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Lundi, les discussions entre les deux hommes étaient censées porter sur la rotation au niveau des portefeuilles régaliens et, par conséquent, la question des ministères de la Justice et de l’Intérieur, deux portefeuilles-clés au sein d'une équipe de 24, sur lesquels Baabda semble insister pour avoir son mot à dire, notamment à l’approche des législatives de mai 2022. Lors de son point de presse, Nagib Mikati a tranché le débat : "Pour éviter les problèmes, je propose le maintien de la répartition (des portefeuilles régaliens entre les différentes communautés) telle qu'elle est dans le gouvernement sortant", a-t-il déclaré.

Concrètement, cela signifie que le Premier ministre désigné refuse d'appliquer le principe de la rotation au niveau de ces ministères, alors que c'est ce que souhaite le camp du président. Les chiites pourraient donc conserver les Finances, alors que les sunnites garderaient l'Intérieur. Quant aux chrétiens, ils pourraient garder les Affaires étrangères (maronite) et la Défense (grec-orthodoxe). Le maintien des Finances aux mains des chiites, comme le souhaite le tandem Amal-Hezbollah, rendrait difficile pour le président Aoun de nommer un chrétien à l’Intérieur. Une situation que le président pourrait chercher à compenser en demandant le ministère de la Justice pour les chrétiens.


C'est un Nagib Mikati un peu moins optimiste que les premiers jours suivant sa désignation qui est sorti lundi de près d'une demi heure d'entretien avec le président de la République, Michel Aoun, au palais de Baabda. Après avoir confirmé que le gouvernement ne verra pas le jour avant la commémoration de l'explosion du port de Beyrouth le 4 août comme il le "souhaitait" -ce qu'il...

commentaires (13)

LA NOMINATION DE MIKATI NE FUT PAS UNE BONNE NOUVELLE/ PAR CONTRE LA VRAIE SEULE BONNE NOUVELLE EST SA DECLARATION D'HIER A BAABDA:

Gaby SIOUFI

10 h 02, le 03 août 2021

Tous les commentaires

Commentaires (13)

  • LA NOMINATION DE MIKATI NE FUT PAS UNE BONNE NOUVELLE/ PAR CONTRE LA VRAIE SEULE BONNE NOUVELLE EST SA DECLARATION D'HIER A BAABDA:

    Gaby SIOUFI

    10 h 02, le 03 août 2021

  • La seule rotation valable et urgente doit se faire, pour commencer, à la tête de notre Etat ! - Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 02, le 03 août 2021

  • PRIERE LIRE DE LA TETE S,EXHALE LA SENTEUR DE LA POURRITURE DU POISSON. MERCI.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 03, le 03 août 2021

  • DE LA TETE SENTE LA POURRITURE LE POISSON. ET PUISQUE LE LIBAN EST AU FOND DE L,ABYSSE IL EST PAREIL AU POISSON.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    20 h 59, le 02 août 2021

  • Pour reprendre une phrase d’Albert Einstein « la folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent » comment s’attendre à une autre situation avec toujours les mêmes personnes ??? Tant que l’ENSEMBLE des libanais qui en ont marre ne descendent pas TOUS dans la rue jusqu’au bout le résultat sera toujours le même.

    KARAM Peter

    20 h 37, le 02 août 2021

  • Comment cela peut il se faire une rotation piur tous les ministères régaliens exceptée celle des finances ?!?!?!?

    Bery tus

    20 h 19, le 02 août 2021

  • Et c’est re re re parti comme en 14, belotte re belotte et dix de der … Monsieur Fakhamette El Raïs n’a pas encore réalisé qu’il n’est pas en train de jouer à la belotte, ni au Tarnibe. Il y va de la vie et de l’avenir du peuple Libanais. Puisque ce gouvernement est supposé être composé de technocrate apolitique, peu importe que le ministre soit, Chiite, Sunnite, Maronite, Orthodoxe, Druze ou Melkite ? pourvu qu’ils soient tous Libanais. Ni Syriens, Iraniens, ou nien nien nien …Que des Libanais qui se respectent mutuellement et aiment le Pays du Cèdre Point ! Puisque Aoun nous affirme qu’il défend les intérêts des Chrétiens, pourquoi n’a-t-il jamais fait un tour de table inter-Chrétien, pour avoir l’avis et peut-être une idée inattendue, d’une personnalité qui jusqu’à ce jour s’est abstenue de tout commentaire ? Aoun/Bassil prennent le pays en otage pour assouvir leur dessein, et par ricochet le destin de l’héritier du trône. Trône qui commence à sentir la mouise.

    Le Point du Jour.

    20 h 12, le 02 août 2021

  • CETTE FOI CI JE SUIS D’ACCORDS AVEC LE PRÉSIDENT !!

    Bery tus

    19 h 04, le 02 août 2021

  • ON VEUT FORMER UN GOUVERNEMENT PROPRE ET ON NOMME UN PREMIER MINISTRE ÉQUIVAUT AU MOINS À AOUN. ELLE EST OÙ LA PROPRETÉ DE CE FUTUR GOUVERNEMENT ? SACRÉ MACRON.

    Gebran Eid

    18 h 57, le 02 août 2021

  • La seule issue est la sortie de Aoun de Baabda.

    Esber

    18 h 41, le 02 août 2021

  • ca va etre un gouvernement communautaire et pas technocrate ni compétence , et ca recommence comment voulez vous que le pays se relève pauvre liban

    barada youssef

    18 h 39, le 02 août 2021

  • "les marchandages politiques obstruant une nouvelle fois sa tâche,". Ne nous a-t-il pas promis un gouvernement de purs technocrates? Alors, que signifie ces "marchandages politiques ", puisque la classe politique est censée ne rien avoir avec la composition du gouvernement ?

    Yves Prevost

    18 h 17, le 02 août 2021

  • C'est ce que les libanais veulent qu'il faut choisir et non pas ce que le vieux et son gendre veulent

    Georges Zehil Daniele

    18 h 00, le 02 août 2021

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