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Société - Écoles

L’Œuvre d’Orient va aider à la réintégration scolaire de 120 000 enfants

Caritas-Liban centralisera et coordonnera les assistances au réseau des écoles catholiques, en grave danger de disparition. La nonciature apostolique annonce un nouveau don du Saint-Siège.


L’Œuvre d’Orient va aider à la réintégration scolaire de 120 000 enfants

La conférence de presse de L’Œuvre d’Orient au siège de Caritas-Liban. Photo DR

Caritas-Liban, instrument principal de la pastorale sociale des Églises catholiques au Liban, a accueilli récemment une délégation de L’Œuvre d’Orient, conduite par son directeur général, Mgr Pascal Gollnisch. Celui-ci a annoncé que son association accorderait une aide scolaire d’urgence d’environ 3,6 millions d’euros à 335 écoles chrétiennes et six université catholiques au cours de l’année 2021-2022. Ce montant doit aider à la réintégration de quelque 120 000 enfants qui ont manqué les deux années scolaires 2019-2020 et 2020-2021.

Cette aide s’accompagnera d’un appel à dons que doit centraliser Caritas-Liban et à la redistribution desquels participera le secrétariat général des écoles catholiques sous la supervision de l’Assemblée des patriarches et évêques catholiques au Liban (Apecl), à travers une commission ad hoc présidée par Mgr Youssef Soueif, évêque maronite de Tripoli.

Cette action multilatérale coordonnée a fait l’objet d’une conférence de presse à laquelle assistaient le nonce apostolique, Josef Spiteri, le président de Caritas-Liban, le père Michel Abboud, les évêques maronites Michel Aoun et Youssef Soueif pour l’Apecl, le président du secrétariat général des écoles catholiques, le père Youssef Nasr, et le président du Centre catholique d’information, le père Abdo Bou Kasm.

« L’augmentation des inégalités depuis le début de la crise économique dans le pays (octobre 2019) a entraîné un grand écart dans l’accès à un apprentissage de qualité parmi les enfants du Liban, au détriment des plus pauvres, a commencé par constater le père Abboud. Or, la pauvreté est un obstacle important à l’accès des enfants à l’éducation, car de nombreuses familles n’ont pas les moyens d’acheter du matériel d’apprentissage ou doivent compter sur le travail de leurs enfants. »

« Depuis octobre 2019, date du sursaut social qui a ébranlé le Liban, un décrochage scolaire massif s’est produit, poursuit-il. Durant l’année scolaire 2019-2020, plusieurs grèves d’enseignants ont eu lieu pour retard dans le paiement des salaires, perturbant davantage l’apprentissage. La crise a été aggravée par un effondrement de la monnaie, la double explosion au port de Beyrouth (20 août 2020) et les mesures de confinement pour lutter contre le Covid-19. Résultat : depuis la pandémie (début 2020), plus de 1,2 million d’enfants au Liban n’ont plus été scolarisés et sont aujourd’hui confrontés à un risque réel de ne jamais retourner à l’école si rien n’est fait pour eux. Le cumul des crises politique, sanitaire, sociale et économique tourne donc à la véritable catastrophe éducative. De ce fait, un partenariat entre Caritas-Liban et L’Œuvre d’Orient a été mis en place avec pour objectif général d’assurer le retour à la scolarisation de ces 120 000 enfants. Ce partenariat touchera 235 écoles chrétiennes et les six universités catholiques du Liban. »

Une aide directe de 3,6 millions d’euros

Ce financement stratégique permettra, sur la base du critère de vulnérabilité développé par L’Œuvre d’Orient, qui a réalisé un exceptionnel travail de terrain à cet égard, de fournir des aides directes aux écoles. Ces aides sont évaluées à 3,6 millions d’euros et seront accordées selon des critères fixés par les écoles pour couvrir entre 20 et 90 % des frais de scolarités des écoliers, selon les cas. L’Œuvre d’Orient accordera donc en moyenne 30 euros par étudiant, un chiffre qui correspond à environ la moitié du montant d’une scolarisation standard (5 millions de livres).

À titre comparatif, précisons que l’école privée au Liban accueille 70 % de la population scolaire totale, soit environ 1,1 million élèves. De cette population, environ 200 000 enfants sont scolarisés dans les écoles relevant du secrétariat général des écoles catholiques.

Par ailleurs, un second volet de ce soutien de L’Œuvre d’Orient consistera à aider directement les écoles elles-mêmes en subventionnant à hauteur de 35 % les générateurs, les assurances, l’entretien et le transport.

Les enseignants partent

Il est évident que le partenariat entre Caritas-Liban et L’Œuvre d’Orient ne suffira pas à couvrir tous les besoins, puisque, par exemple, il ne tient pas compte des traitements des enseignants. Aussi, reste-t-il ouvert à d’autres sources de dons, provenant notamment de la diaspora, de la communauté internationale et des Églises. Prenant comme échelon l’école secondaire des Saints-Cœurs à Aïn Ebel, au Liban-Sud, qui, au niveau primaire, est semi-gratuite, un court documentaire projeté à la fin de la conférence de presse a mis en évidence ce besoin. Sept des enseignants de cette école, qui accueille des enfants venus de toute la région du Liban-Sud, souvent en majorité musulmans, sont en instance de départ, ne pouvant continuer à exercer leur profession avec des salaires équivalant à 100 ou 117 dollars par mois en moyenne.

Selon le président du syndicat des enseignants des écoles privées, Rodolphe Abboud, lui-même directeur d’établissement, les candidats au départ se chiffrent par centaines sur un corps enseignant de 43 000 contractuels ou cadrés. « La majorité d’entre eux quittent carrément l’enseignement, explique-t-il. Une bonne partie émigre vers d’autres pays où elle est embauchée et payée en devises. Et les autres, dans une moindre mesure, se dirigent vers l’établissement le plus offrant. » Certains départs, naturellement, sont plus stratégiques que d’autres et fragilisent le réseau des écoles catholiques, sans présenter d’autres alternatives aux parents que l’école publique ou l’exode.

Ne pas déresponsabiliser

« Mais l’aide n’est pas là pour déresponsabiliser les parents, avertit Mgr Gollnisch. Les familles qui le peuvent doivent poursuivre leur contribution aux charges d’éducation de leurs enfants. Et l’aide apportée ne doit pas dispenser les écoles d’un effort de réflexion sur la gestion de leurs établissements. »

« Certes, l’école est une unité de vie sociale importante, a ajouté le directeur général de L’Œuvre d’Orient, elle rapproche et fédère dans un même processus des enfants d’appartenances confessionnelles diverses. C’est une école de citoyenneté. Mais le premier problème n’est pas là. Il est dans la désespérance que vivent en ce moment la majorité des Libanais. Ils doivent retrouver la fierté de leur pays. Les chrétiens doivent recommencer à aimer leur pays ! » Et Mgr Gollnisch de conclure en exhortant à la générosité la communauté internationale, les Églises et la diaspora.

Le Saint-Siège, premier contributeur

L’appel du directeur général de L’Œuvre d’Orient devait trouver un premier écho en la personne du nonce apostolique. Ce dernier a annoncé en effet que le Saint-Siège sera en mesure d’accorder à nouveau durant l’année scolaire 2021-2022 l’aide qu’il a apportée à 90 écoles semi-gratuites qui scolarisent les plus pauvres des régions rurales et urbaines.

Mgr Spiteri a ajouté « qu’au lendemain de la Journée de prière et de réflexion sur le Liban tenue au Vatican, le 1er juillet dernier, les Églises protestante et orthodoxe, et même certains amis musulmans, participeront aussi à l’effort de levée des fonds nécessaires pour sauver les écoles et universités catholiques afin de leur permettre de remplir leur mission ».

« Toutefois, il ne faut pas se tromper, a-t-il rappelé en conclusion. Les donateurs, les associations, la diaspora et les aides internationales ne sont là que pour pallier la carence de l’État. La solution de ce grave problème est politique. »


Caritas-Liban, instrument principal de la pastorale sociale des Églises catholiques au Liban, a accueilli récemment une délégation de L’Œuvre d’Orient, conduite par son directeur général, Mgr Pascal Gollnisch. Celui-ci a annoncé que son association accorderait une aide scolaire d’urgence d’environ 3,6 millions d’euros à 335 écoles chrétiennes et six université catholiques...

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Il y a un évêque qu’il s’appelle Michel Aoun , mon Dieu protégez le Liban

Eleni Caridopoulou

20 h 11, le 26 juillet 2021

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Commentaires (1)

  • Il y a un évêque qu’il s’appelle Michel Aoun , mon Dieu protégez le Liban

    Eleni Caridopoulou

    20 h 11, le 26 juillet 2021

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