Rechercher
Rechercher

Politique - Gouvernement

Pas de consultations parlementaires avant la fin de l’Adha

Saad Hariri jouera à fond la carte de la représentativité sunnite.

Pas de consultations parlementaires avant la fin de l’Adha

Hariri à Baabda en mars dernier. Photo Dalati et Nohra

En se récusant, le Premier ministre désigné Saad Hariri a placé tout le monde devant le fait accompli. Le chef du courant du Futur, qui a pourtant pris neuf mois entiers avant de se décider, a en tous les cas réussi à rendre la tâche plus ardue au chef de l’État Michel Aoun, en refusant notamment, ainsi que son bloc, de contribuer au choix du candidat qui se substituera à lui.

Étant le plus représentatif sur la scène sunnite, le chef du courant du Futur est, en ce sens, quasi irremplaçable. Il l’est d’autant plus que les trois du club des anciens chefs de gouvernement, Tammam Salam, Nagib Mikati et Fouad Siniora, affichent leur refus de remplacer M. Hariri et de torpiller toute la bataille des prérogatives menée par ce dernier depuis sa désignation. Le choix est donc restreint et les scénarios plutôt pessimistes pour l’heure.

« C’est la formule du “moi ou personne d’autre” que vient de nous imposer Saad Hariri. Exactement comme l’avait fait Michel Aoun il y a quelques années pour se hisser à la présidence de la République », commente un proche du Parti socialiste progressiste. Le chef de l’État avait réussi, en partenariat avec le Hezbollah, à paralyser le fonctionnement des institutions pour se faire élire. « La seule différence avec Saad Hariri est que nous sommes obligés d’attendre la fin de ce mandat que l’on risque d’ailleurs de voir renouvelé à cause du fait accompli », ajoute-t-il.

Lire aussi

Pourquoi la récusation de Hariri ne change pas fondamentalement la donne


Pourtant, de sources proches de Baabda, on affirme que les consultations parlementaires contraignantes ne sauraient tarder. Immédiatement après les fêtes de l’Adha, qui se prolongeront toute la semaine prochaine, une date sera fixée sans tarder, promet-on. Une réponse qui survient après les mises en garde formulées par la France qui a appelé hier à la désignation sans délai du successeur de M. Hariri, et de l’Union européenne qui a exhorté la présidence à « entamer les consultations parlementaires sans retard ». Des appels qui sous-tendent la menace concomitante des sanctions que l’Union européenne a déjà mise sur les rails.

À la dernière expérience, le président avait pris tout son temps – trois semaines – pour fixer la date des consultations, un retard que ses pourfendeurs lui ont lourdement reproché alors que le pays commençait à s’enliser dans une profonde crise. Mais si en octobre dernier la désignation d’un Premier ministre avait été relativement facilitée par le fait que M. Hariri s’était présenté comme « candidat naturel », ce n’est plus le cas aujourd’hui. À Baabda, on ne s’inquiète pas pour autant, dans la mesure où les blocs parlementaires auront largement le temps durant la semaine de l’Adha de se consulter pour s’entendre sur un nom. Comprendre que la présidence attendra d’abord que les chefs de file conviennent à l’avance sur la personne du futur chef de gouvernement, sachant que la liste des candidats n’est pas exhaustive. « Il faudra que les personnalités sélectionnées ne soient pas parmi celles qui veulent se présenter aux élections législatives (mai 2022), puisque le prochain gouvernement doit organiser les législatives », souligne une source proche de la présidence. Cela signifie que sont éliminés d’emblée Fouad Makhzoumi et Nagib Mikati.

Dans les milieux haririens, on rappelle à qui veut l’entendre que le prochain candidat doit avoir une « légitimité sunnite certaine » et ne passera le test que s’il obtient la bénédiction du courant du Futur et de Dar el-Fatwa. Une carte de pression que pourra manier à souhait Saad Hariri, conscient du fait que le tandem chiite, soucieux de neutraliser le problème de la rue sunnite, n’accepterait pas la mise sur pied d’un gouvernement monochrome.

Lire aussi

Dans la maison Hariri, l’impossible succession

Le vice-président du courant du Futur, Moustapha Allouche, va plus loin dans le jeu de l’élimination en rappelant qu’aucun des poids lourds de la scène sunnite – Tammam Salam et Fouad Siniora notamment – n’acceptera ce que M. Hariri a déjà refusé ou de se plier aux conditions placées par le camp adverse. « Ils (le camp aouniste) devront se rabattre sur des candidats de moindre envergure », dit-il.

Une situation que l’ancien député Michel Moawad, président du Mouvement de l’Indépendance et membre d’une coalition regroupant des partis et des formations de l’opposition, a résumée en cette formule : « Le système politique actuel n’arrive plus à se régénérer. » À moins de convenir d’un Premier ministre indépendant et d’un cabinet formé de personnalités également indépendantes, aucune autre issue n’est envisageable pour l’heure pour sortir du bourbier, estime cet ancien député.

Un pessimisme qui est également partagé dans les milieux proches du Hezbollah où l’on croit qu’il n’y aura pas de gouvernement d’ici aux élections. « Il va falloir trouver le candidat rare qui puisse obtenir en même temps l’aval de l’intérieur mais aussi des puissances externes. Une équation difficilement réalisable », dit Kassem Kassir, un analyste proche du parti chiite. L’éventualité du chaos et de troubles itinérants est dans l’esprit de tous les chefs de file qui répètent à l’envi que si un prochain gouvernement n’est pas mis sur pied dans les semaines qui viennent, la descente en enfer est garantie. Un tel scénario est d’autant plus à craindre qu’il risque de perdurer et d’affecter les prochaines législatives. « Comment voulez-vous tenir des élections si le dollar devait atteindre les 40 000 LL? » s’interroge un responsable politique.


En se récusant, le Premier ministre désigné Saad Hariri a placé tout le monde devant le fait accompli. Le chef du courant du Futur, qui a pourtant pris neuf mois entiers avant de se décider, a en tous les cas réussi à rendre la tâche plus ardue au chef de l’État Michel Aoun, en refusant notamment, ainsi que son bloc, de contribuer au choix du candidat qui se substituera à lui....

commentaires (14)

Quel mépris de la part du président: une fête quelque soit son importance et son origine ne devrait pas être au dessus de la Nation. On a déjà perdu 10 mois et pour le président, 10 jours de plus ce n’est rien même si 70% de la population ne mange pas à sa faim.

mokpo

23 h 36, le 18 juillet 2021

Tous les commentaires

Commentaires (14)

  • Quel mépris de la part du président: une fête quelque soit son importance et son origine ne devrait pas être au dessus de la Nation. On a déjà perdu 10 mois et pour le président, 10 jours de plus ce n’est rien même si 70% de la population ne mange pas à sa faim.

    mokpo

    23 h 36, le 18 juillet 2021

  • Le mulet qui attend que l'herbe pousse. Hâte-toi lentement. Quand tout le monde sera mort...

    Politiquement incorrect(e)

    11 h 39, le 18 juillet 2021

  • Je constate depuis quelque temps que certains de mes commentaires qui égratignent celui qui n'a su tenir qu'une de ses promesses = l'enfer...ne sont pas publiés. Dommage...pas seulement pour moi...mais aussi pour tous ceux qui justement continuent de subir cet enfer...et n'ont pas peur de dire la vérité !!! - Irène Saïd

    Irene Said

    11 h 31, le 18 juillet 2021

  • Il attend les consignes de son maitre HN pour arrêter une date sur les consultations. Il faut le destituer de toute urgence pour que notre pays retrouve sa souveraineté et son indépendance sinon nous irons tous en enfer puisque le chemin a été bien lavé par ce traitre et qu’il continue de le cimenter pour être sur du résultat. Nous sommes des poules mouillées et ne sortirons de cette impasse que si nous nous réveillerons pas à temps pour faire le nécessaire pour contrer leurs plans diaboliques. RÉVOLUTION.

    Sissi zayyat

    11 h 12, le 18 juillet 2021

  • Le Dollard s'envole le Coût d'État est énorme! Il nous faut un Coup plutôt pour réduire des Cous...

    Wlek Sanferlou

    22 h 04, le 17 juillet 2021

  • Tranquille Bill, y a pas le feu... Que le diable les emporte TOUS!

    Sfeir walid

    20 h 42, le 17 juillet 2021

  • Apocalypse now….

    Eleni Caridopoulou

    19 h 14, le 17 juillet 2021

  • Normal, pas de quoi s'enerver. Tout va bien, pourquoi s'enfaire. Le dollar n'a pas encore atteint 50.000 LL....

    IMB a SPO

    17 h 23, le 17 juillet 2021

  • Bien sûr, faut faire la fête!

    Je partage mon avis

    16 h 58, le 17 juillet 2021

  • TOZ, Hariri.

    Marie Claude

    08 h 41, le 17 juillet 2021

  • « Comment voulez-vous tenir des élections si le dollar devait atteindre les 40.000 LL ? ». - Combien de dollars vous pensiez payer pour vous faire élire ?

    Citoyen libanais

    07 h 43, le 17 juillet 2021

  • Bien entendu, pour Aoun le plus urgent, c'est d'attendre ! "À moins de convenir d’un Premier ministre indépendant et d’un cabinet formé de personnalités également indépendantes, aucune autre issue n’est envisageable". C'est une évidence, mais personne n'en veut. Et tant pis pour le Liban et les libanais !

    Yves Prevost

    06 h 44, le 17 juillet 2021

  • Les députés feraient mieux de boycotter Aoun et ses consultations qui ne vont mener à rien. Il faudrait remplacer ses consultations par élire un chef de gouvernement désigné qui compose sa formation sans référer à Aoun. Quand on ne respecte pas la constitution, il faudrait que ce soit généralisé.

    Esber

    06 h 07, le 17 juillet 2021

  • QUAND LE MULET S,ENTETE IL NE MARCHE PLUS MEME SI LES COUPS PLEUVENT SUR SA PEAU, A MOINS QU,IL VOIT DE L,HERBE TENDRE. IL BOUGERA UNIQUEMENT POUR MANGER. IL N,Y AURA NI GOUVERNEMENT NI LEGISLATIVES. CE N,EST PLUS L,ENFER POUR LE PEUPLE LIBANAIS. C,EST L,APOCALYPSE.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    00 h 47, le 17 juillet 2021

Retour en haut