Le Premier ministre sortant Hassane Diab (c), présidant une réunion avec des ministres libanais et des responsables au port de Beyrouth, le 15 juillet 2021. Photo fournie par le bureau de presse de Hassane Diab
Le Premier ministre sortant Hassane Diab a présidé jeudi une réunion durant laquelle il a discuté avec plusieurs ministres et responsables de l'avancement des travaux dans le port de Beyrouth, près d'un an après la double explosion meurtrière du 4 août 2020.
Revenant sur la saisie préventive des fonds de la direction du port de Beyrouth par la justice en décembre, le ministre sortant des Travaux publics et des Transports, Michel Najjar, a plaidé une nouvelle fois pour l'annulation de cette mesure, estimant qu'elle était "illégale". Selon lui, ce sont "les biens de l'État libanais qui sont saisis et cela menace d'arrêter complètement les opérations du port, ce qui se répercutera sur les revenus et, par conséquent, sur les travailleurs". Il a également demandé à la ministre sortante de la Justice, Marie-Claude Najm, de suivre la question avec la Direction du contentieux au ministère. La saisie avait été décidée à la suite d'une requête formulée par le bâtonnier de Beyrouth, Melhem Khalaf. Elle prive entre autres plusieurs responsables du port de leurs salaires.
En tout, vingt-cinq personnes avaient été arrêtées depuis août 2020 pour leur implication présumée dans la double explosion, qui a fait plus de 200 morts et détruit des quartiers entiers de la capitale libanaise. Six d'entre elles avaient été libérées mi-avril, principalement des employés du port et des officiers subalternes. Restent incarcérés plusieurs hauts-fonctionnaires, comme le directeur général des douanes Badri Daher, des responsables portuaires, sécuritaires ou des prestataires de services extérieurs, notamment des ouvriers en charge de travaux de réparation du hangar 12, où se trouvaient des tonnes de nitrate d'ammonium qui ont explosé. Mais l'enquête fait du surplace face à une levée de bouclier de plusieurs responsables politiques qui contestent les poursuites engagées contre d’actuels et anciens élus et responsables.
Michel Najjar a également demandé à Mme Najm de contribuer à la "préparation d'un projet de loi sur les recettes douanières du port". "Le paiement par les commerçants et les importateurs est effectué en dollars américains, mais lorsque les recettes douanières du port entrent en jeu, et puisque l'article 35 du budget de 2020 stipule que toutes les recettes liées aux droits de douane doivent être perçues en livres libanaises, soit par chèque bancaire, soit au taux de change du dollar de 1.500 L.L., cela prive l'État libanais et les services publics d'importantes recettes à un moment où nous avons désespérément besoin de dollars frais", a-t-il déploré.
Le ministre a par ailleurs précisé qu'il n'y a "que 6 grues opérationnelles sur 16" au port, en raison de retards de paiements en dollars. "Ce problème peut être résolu à condition que la nouvelle législation soit mise en œuvre et que le port reçoive les recettes en dollars frais", a affirmé M. Najjar.
Alors que le rationnement de l'électricité se durcit au Liban sur fond de pénuries, le ministre sortant des Travaux publics et des Transports a demandé à son collègue de l'Energie, Raymond Ghajar, de fournir du mazout aux générateurs de secours du port. "80 % des importations et des médicaments entrent par le port, et si l'électricité n'est pas disponible presque tout le temps, les générateurs de secours ne peuvent pas couvrir la pénurie d'électricité", a-t-il expliqué.


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