L'ambassadrice de France au Liban, Anne Grillo. Photo DR
L'ambassadrice de France au Liban, Anne Grillo, a affirmé mercredi que la "fraternité" était au cœur de la "relation entre la France et le Liban" et a détaillé les projets de solidarité mis en place, dans une lettre à l'attention des Français et des Franco-Libanais dans le pays du Cèdre, à l'occasion de la célébration du 14 Juillet.
"En ce 14 juillet, la situation sanitaire nous impose, cette année encore, de rester responsables et prudents, nous empêchant de nous retrouver en grand nombre pour célébrer notre fête nationale", a rappelé la diplomate. "En ce jour qui nous est si particulier, je souhaite vous témoigner ma solidarité en ces temps de crises multiples qui bousculent nos vies personnelles et professionnelles, engendrant des épreuves parfois douloureuses, et vous réaffirmer mon engagement, celui de notre Consul général et de toute l’équipe du consulat pour vous écouter et être à vos côtés", a-t-elle souligné, dans une lettre.
"Aujourd’hui, au Liban, la fraternité, troisième pilier de notre devise républicaine, est plus que jamais au centre de notre action consulaire, avec une attention particulière pour les plus vulnérables d’entre vous", a assuré l'ambassadrice. Elle a indiqué que "pour atténuer les effets de la pandémie de coronavirus, plus de 8000 aides ont été versées ces derniers mois". "Le budget consacré aux bourses scolaires (...) a doublé en trois ans pour devenir l’un des plus importants au monde. Ce sont aussi plusieurs centaines d’aides versées tous les mois aux plus vulnérables de notre communauté", a fait savoir Mme Grillo.
"Cette fraternité, nous la mettons ensemble, au service de la relation entre la France et le Liban", a écrit la diplomate. "Dans mes nombreux déplacements dans tout le pays, où j’ai toujours à cœur de venir vous voir, j’ai pu mesurer combien, chacun d’entre vous, quel que soit son domaine de compétence, et d’abord par la diffusion de notre langue et de nos valeurs, participe pleinement au rayonnement de la France au Liban et à l’amitié entre nos deux peuples", s'est félicitée l'ambassadrice, annonçant la reprise de tournées consulaires systématiques dans tout le pays pour que "l'action diplomatique et consulaire (de la France) réponde le mieux possible aux besoins du terrain".
"Vous le savez, votre protection, dans le contexte difficile que connaît aujourd’hui le Liban, est un sujet d’attention constante", a-t-elle encore assuré, alors que le pays est en proie à un effondrement socio-économique dévastateur, marqué par des pénuries d'électricité et d'essence qui rendent la vie quotidienne difficile. "En ce 14 juillet, je voudrais vous redire que vous n’êtes pas seuls. Vous pouvez compter sur votre pays", a-t-elle conclu.
La France est très investie au Liban qui attend depuis plus de onze mois un gouvernement chargé d’opérer des réformes majeures exigées par la communauté internationale, notamment les pays donateurs, pour débloquer les aides financières promises au pays du Cèdre. Le président français Emmanuel Macron, qui s’était rendu à deux reprises au Liban après la double explosion meurtrière au port de Beyrouth le 4 août 2020, avait proposé une feuille de route pour la formation d’un "gouvernement de mission" pour une sortie de crise. Début juin, M. Macron a en outre annoncé qu’il travaillait "avec plusieurs partenaires de la communauté internationale" pour que des "systèmes de financement en soutien au peuple libanais se poursuivent au cas où un gouvernement ne serait toujours pas formé". À la mi-juin, la France avait également présidé une conférence d’aide ayant réuni une vingtaine de pays mobilisés pour l’armée libanaise. La troupe avait formulé des besoins très précis d’aide immédiate (nourriture, médicaments, carburant, pièces détachées), s’élevant à plusieurs dizaines de millions d’euros.
Entre-temps, la France a imposé des sanctions aux dirigeants politiques qu’elle estime responsables du blocage gouvernemental. Paris n’a toutefois pas rendu publique la liste des responsables visés ni la nature exacte des sanctions. L’UE, sous l’impulsion de la France, planche également sur un mécanisme de sanctions dont le cadre juridique devrait être annoncé à la fin du mois. Mardi dernier, lors d’une réunion au Grand Sérail avec des ambassadeurs, le Premier ministre sortant Hassane Diab s’était plaint d’un "blocus international" contre le Liban. Des propos qui lui ont valu une réponse cinglante de l’ambassadrice de France Anne Grillo, qui lui a rappelé que l’appauvrissement du pays était une responsabilité qui lui incombait ainsi qu’aux autres dirigeants libanais, et que l’effondrement était "le résultat délibéré d’une mauvaise gestion depuis des années".


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