Des déplacés rohingyas dans le camp de Thet Kay Pyin, situé dans l’État de Rakhine, le 5 juin 2021. Stringer/AFP
Minorité sans patrie
Le geste suscite cependant la méfiance des Rohingyas, installés en Birmanie depuis des générations, mais toujours considérés comme des intrus dans ce pays dont ils n’ont pas la nationalité et pas les mêmes droits que les autres Birmans. « Faire une promesse pour obtenir ensuite un soutien de l’étranger, c’est comme mettre des appâts pour les poissons », déclare Wai Mar, qui vit dans un camp de déplacés depuis près de dix ans. Au bout d’un chemin de terre parsemé de nids de poule, Thet Kay Pyin est un camp de huttes en bois qui accueille des Rohingyas chassés de chez eux lors d’affrontements avec des bouddhistes de l’ethnie rakhine en 2012. « Nous craignons de n’exister que pour servir de boucliers humains ou de boucs émissaires », explique Wai Mar. « Nous ne pouvons pas placer toute notre confiance et nos attentes en eux (le NUG, NDLR) parce que nous avons été opprimés pendant si longtemps », ajoute San Yee, une mère de quatre enfants qui survit grâce à l’argent que son mari lui envoie de Malaisie.
Malgré les ouvertures, il n’y a aucun représentant rohingya parmi les 32 membres du cabinet actuel du « gouvernement d’unité nationale ». Après la victoire du parti d’Aung San Suu Kyi aux élections de 2015, « nous n’avons même pas obtenu les droits de l’homme fondamentaux, par exemple la liberté de mouvement, devenir un citoyen, retourner dans nos maisons d’origine. Nous n’avons rien obtenu de tout cela », raconte un autre réfugié, Ko Tun Hla.
Accusations de génocide
Accusée de génocide pour la sanglante répression de 2017 au cours de laquelle 700 000 Rohingyas ont fui au Bangladesh, l’armée birmane a même été soutenue par l’ancienne Prix Nobel de la paix, qui s’est déplacée à La Haye en 2020 pour défendre les généraux devant l’ONU. Peu après en février, ceux-ci l’ont malgré tout renversée par un coup d’État. Quelques jours après ce coup de force, des soldats sont venus à Thet Kay Pyi pour tenter de rassurer les occupants, raconte Win Maung. « Mais lorsque nous avons parlé de nos droits, ils sont devenus menaçants. » « Ils nous ont qualifiés de Bengalis et ils ont menacé de nous tirer dessus aussi. » « Bengalis » est un terme péjoratif pour désigner les Rohingyas, qui laisse faussement entendre qu’ils sont des immigrants récents du Bangladesh. Le chef de la junte, Min Aung Hlaing, qui était à la tête des forces armées pendant la répression de 2017, a affirmé que Rohingya était « un terme imaginaire ».
Mais dans le camp de Thet Kay Pyin, beaucoup renvoient dos à dos junte et gouvernement. « S’ils nous accordent nos droits, nous coopérerons avec l’armée, la NLD ou le NUG, a déclaré Ko Tun Hla. Si nos droits sont accordés, nous coopérerons avec n’importe qui. » « Je veux rentrer et reprendre ma vie d’avant. Mais quand nos espoirs se réaliseront-ils ? soupire San Yee. Seulement après notre mort ? »
Source : AFP


Les boudhistes soit disant pacifiste, ha ha ha
19 h 49, le 13 juillet 2021