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Culture - Exposition

Dans ses fresques, il y a des cactus

Qui a dit que les cactus n’ont pas d’âme et de voix ? Chafa Ghaddar leur donne présence et vie non dans des pots, mais sur des fresques aux dimensions variées – tels de véritables tableaux –, dix-neuf en tout, accrochées sur les cimaises de la galerie Tanit, hors-les-murs, au centre Starco...

Dans ses fresques, il y a des cactus

Chafa Ghaddar et les douces et poétiques confidences d’une plante domestique. Photo DR

C’est un petit parcours aux jalons pleins de succès qui marque la griffe picturale de Chafa Ghaddar, une artiste libanaise polymorphe de 36 ans aujourd’hui installée à Dubaï. Sa première exposition solo a eu lieu en 2018 à la galerie Tanit-Beyrouth. Avec une singularité de création qui la sort du rang : celle de la fresque. Elle vient d’ailleurs de signer, à même le mur de l’entrée de la galerie désormais flambant neuve, une grande fresque de 3 x 4m intitulée The Fifth Month (Le cinquième mois), alors que l’espace avait été complètement soufflé par la double explosion du port de Beyrouth, le 4 août 2020. Dans le même sillage de technique, Chafa Ghaddar puise son inspiration exclusivement de ces plantes grasses et piquantes, les cactus, dans dix-neuf fresques réalisées sur support en bois avec plâtre et argile, aux dimensions variées, allant du petit (20 x 20cm) au grand format (1 x 1m20cm ). L’exposition a pour titre phare « Cacti in a Daydream (Cactus dans un rêve de jour). Pour l’artiste, cela remonte aux jours de solitude, de retrait et d’isolement lors des confinements à cause de la pandémie de Covid 19. Du balcon au salon, en passant par les chambres, les cactus, symbole de force et de résilience, étaient constamment là...

Les cactus – non seulement familiers dans l’intimité de cet emprisonnement inattendu et compagnons décoratifs de tout intérieur, invitation ouverte aux rêveries sans frein – ont donc ici la parole.… Une parole exubérante, vive, fantaisiste qui leur est donnée dans les courbes des dessins, les tracés sinueux ou droits, les jets de verdure fendant l’air, et les mélanges des couleurs ramagées ou estompées…

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Visiter l’espace Tanit du centre Starco, c’est s’offrir des moments d’évasion devant ces plantes grasses pour vivre, à travers des espaces construits ou un pan de ciel, un instant de résilience, la vision d’un brin d’espoir, le rejet d’un abattement qui vous assaille..

Une vue de l’exposition « Cacti in a Daydream  » à la galerie Tanit, hors-les-murs, centre Starco. Photo DR

Légère dans le sens d’une bulle d’air, joyeuse ou rêveuse dans ses coloris où domine parfois une tache de jaune ou de vert, l’œuvre de Chafa Ghaddar a, par-delà les pigments, l’aquarelle et la gouache, une éloquence mesurée même pour traduire l’euphorie ou l’angoisse… Avec, pour ces cactus aux contours soyeux ou rêches, des titres diaphanes et insaisissables comme une poudre d’ailes de papillon. Ici, la poésie des mots rejoint celle de l’expression picturale.

La poésie, l’une des facettes de cette artiste à la sensibilité à fleur de peau, est déjà sur son website (http //chafaghaddar.com/). Une femme peintre qui aime taquiner les muses et qui a signé un recueil de poésie en anglais, aux rimes libres (traduit en arabe par Amdaa Communication), intitulé Blue Was a Revolution (Le bleu était une révolution). Une ode et une célébration à l’art des fresques et au mariage des couleurs…

Car, pour Chafa Ghaddar, les fresques, c’est l’histoire d’une passion, d’une dévotion, d’une expression personnalisée.

Galerie Tanit « Cacti in a Daydream » à la galerie Tanit, hors-les-murs, centre Starco, bloc C, unit 117. L’exposition se prolonge jusqu’au samedi 18 septembre.


C’est un petit parcours aux jalons pleins de succès qui marque la griffe picturale de Chafa Ghaddar, une artiste libanaise polymorphe de 36 ans aujourd’hui installée à Dubaï. Sa première exposition solo a eu lieu en 2018 à la galerie Tanit-Beyrouth. Avec une singularité de création qui la sort du rang : celle de la fresque. Elle vient d’ailleurs de signer, à même le mur de...

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