Des pompes propulsant de l'eau dans des réservoirs, sur le Hasbani, au Liban-Sud. Photo d’archives Saïd Maalaoui
Les Offices des Eaux du Liban-Nord et du Sud ont annoncé vendredi un rationnement de la distribution de l'eau dans les régions dont ils ont la charge, en raison d'un stock insuffisant de mazout nécessaire pour alimenter leurs infrastructures. Déjà jeudi soir, l'Office des Eaux de Beyrouth et du Mont Liban avait annoncé un rationnement plus sévère de la distribution de l'eau sur son territoire.
"Nous informons les citoyens que nous devons malheureusement déclarer l'état d'extrême urgence et mettre en œuvre des programmes de rationnement de la distribution de l'eau dans les zones résidentielles dans les mohafazats du Nord et du Akkar", a annoncé l'Office des Eaux du Liban-Nord dans un communiqué. L'Office indépendant a évoqué "les conditions financières et économiques que traverse le pays et les répercussions sur son travail de la hausse des prix des marchandises et des dérivés du pétrole". Elle a également déploré "le rationnement du courant électrique et les pénuries de mazout".
Dans le Sud, l'administration a soulevé les mêmes raisons, à savoir le fait que toutes ses installations sont désormais sans courant et le stock de mazout est insuffisant pour alimenter ses générateurs. Ces réserves, ajoute l'Office, "ne suffiront que pour une très petite période, après quoi toutes les installations et stations seront mises à l'arrêt".
L'Office dans la Békaa a annoncé que ses stations de pompage étaient, elles, à l'arrêt suite à l'arrêt de la distribution de courant par Electricité de Zahlé (EDZ).
Le mazout, en pénurie chronique depuis des semaines, faute de déblocage de crédits par la Banque du Liban, est nécessaire pour faire fonctionner les générateurs privés alimentant les pompes, lors des dizaines d'heures de coupure du courant normalement fourni par Électricité du Liban. Le problème ne semble pas prêt d'être résolu, les navires-citerne n'ayant toujours pas déchargé leurs cargaisons de carburant en raison d'un retard dans les procédures d'approbation des paiements. Et la production de courant par l'Etat, déjà fortement réduite ces derniers mois, est encore ralentie depuis ce matin avec la mise à l'arrêt total des centrales de Deir Ammar et Zahrani.


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