Un homme tenant une liasse de livres libanaises. Photo d'archives Joseph Eid/AFP
La livre libanaise, en chute libre depuis près de deux ans, a atteint vendredi son plus bas historique et dépassé la barre des 19.000 LL pour un dollar sur le marché parallèle, selon plusieurs plateformes publiant des moyennes des taux en vigueur auprès des agents de change.
Selon la plateforme lirarate, le dollar s'achetait à 19.500 LL et se vendait à 19.540 LL aux environs de midi. Ces chiffres accroissent encore davantage l'écart avec le taux officiel toujours à 1.507 LL pour un dollar et le taux de 3.900 LL. pour un billet vert utilisé pour décaisser des "lollars", ces dollars stockés en banque avant le début de la crise en octobre 2019.
Cette chute dramatique de la monnaie nationale dans une économie reposant principalement sur des importations de biens en devises a provoqué une hyperinflation, une baisse du pouvoir d'achat et une paupérisation massive de la population libanaise et des réfugiés syriens et palestiniens.
Elle entraîne également une fonte des devises étrangères de la Banque du Liban, qui éprouve des difficultés à subventionner des biens de première nécessité, les médicaments et l'essence notamment. Depuis plusieurs semaines, le pays souffre de pénuries toujours plus aiguës, notamment de carburant. L'essence ne se vend plus qu'au compte-gouttes, provoquant des ruées vers les pompes, tandis que le mazout devient très difficile à trouver, ce qui paralyse tous les secteurs. Cet effondrement accéléré n'épargne aucun secteur, alors que le pays mise sur l’arrivée d’expatriés et de touristes pendant la saison estivale, afin qu’ils fournissent des devises fortes au pays.


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