Des automobilistes patientant devant une station d’essence à Hazmieh. Photo Zeina Antonios
Le porte-parole du syndicat des propriétaires de stations-service, Georges Brax, a indiqué hier que la Banque du Liban avait ouvert comme promis des lignes de crédit pour permettre le déchargement des cargaisons de deux navires-citernes et que, le cas échéant, le carburant sera distribué aux stations aujourd’hui. Entre-temps, la pénurie d’essence se poursuit dans le pays, alors que les réserves de la banque centrale, qui subventionne encore les hydrocarbures, ont atteint un niveau critique.
« Cela aidera à ouvrir les stations fermées », a-t-il estimé dans des propos rapportés par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). Il a appelé la BDL à octroyer des approbations préalables aux sociétés importatrices de carburant pour permettre un déchargement rapide des cargaisons et un approvisionnement en essence des stations. « La BDL doit respecter l’accord conclu avec l’État pour importer du carburant pour les trois mois à venir », a-t-il affirmé. L’État a effectué un emprunt auprès de la banque centrale puisé dans les réserves obligatoires, pour pouvoir garantir de l’essence pendant la saison estivale, cruciale pour redynamiser l’économie et inciter les expatriés à venir au Liban.
Accord pour 160 millions de dollars
Les prix de l’essence et du mazout ont augmenté de plus de 50 % la semaine dernière, après une modification du mécanisme de subvention de la BDL. Concrètement, les autorités ont relevé à 3 900 livres pour un dollar, au lieu de la parité officielle de 1 507,5 livres, le taux auquel les importateurs peuvent échanger leurs livres contre des dollars délivrés par la banque centrale pour payer leurs factures, en plus d’une modification du ratio de couverture des factures par le mécanisme qui est passé de 90 % à 100 % des montants demandés par les fournisseurs.La hausse des prix provoquée sur l’essence, le mazout et le gaz ne permet pas cependant de mettre fin à la contrebande de carburant vers la Syrie, à travers laquelle une partie de l’essence importée est acheminée. Un problème régulièrement pointé du doigt par la BDL, qui retarde les ouvertures de crédits visant à payer des cargaisons de carburant conformément aux modalités fixées, ainsi que par certains importateurs de carburant sous couvert d’anonymat.Pendant ce temps, les files d’attente aux stations-service continuent de s’allonger. Une solution temporaire pourrait cependant avoir été trouvée hier matin lors d’une réunion à Baabda entre le président Michel Aoun et le gouverneur de la BDL Riad Salamé. Une rencontre au cours de laquelle un accord pour le déblocage de 160 millions de dollars pour assurer les besoins de financement des importateurs de carburant à moyen terme, présentée par plusieurs médias comme une solution à la crise de l’essence, du mazout et du gaz. L’Orient-Le Jour a pu faire confirmer l’existence de cet accord par une source proche du dossier qui a également souligné qu’il n’avait pas de liens avec le déblocage des crédits pour les deux navires-citernes. Elle a en outre souligné qu’il était imprudent de considérer que l’accord sur les 160 millions était une solution pérenne aux pénuries, compte tenu de la gravité de la crise économique et financière que traverse le pays et du fait que les autorités s’étaient montrées assez peu efficaces jusqu’ici pour limiter la contrebande.


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