C’est la baisse du nombre de cartes bancaires entre le début de l’année et fin avril, soit en quatre mois, passant de 2,83 millions de cartes en circulation à la fin de l’année 2020 à 2,7 millions au quatrième mois de l’année 2021. Un chiffre qui s’explique par la méfiance de plus en plus grande envers le secteur bancaire libanais dans son ensemble. En effet, les banques ont imposé des restrictions sur les transferts à l’étranger et les retraits en devises depuis la fin de l’été 2019. Elles ont également commencé, il y a quelques mois, à imposer des restrictions sur les retraits en lollar (les dollars bloqués dans les banques libanaises, retirés au taux de 3 900 livres pour un dollar, institué par la circulaire n° 151 de la Banque du Liban), et ceux en livres. La banque centrale a en effet baissé les plafonds de retraits des banques commerciales, qui les ont répercutés sur leurs clients. Le but de la BDL est de diminuer la monnaie nationale en circulation, pour diminuer sa dépréciation, alors qu’elle a perdu près de 91,23 % (le taux de change a atteint 17 200 livres pour un dollar, hier).
Les cartes de crédit sont celles qui ont connu la plus grande baisse (-53 694 cartes en quatre mois, soit une baisse de 40,37 %), suivies des cartes de débit (-46 932 cartes, soit une baisse de 35,23 %), et enfin des cartes prépayées (-18 613 cartes, soit une baisse de 13,97 %). Toutes ces cartes sont détenues par des résidents, indiquant alors que le reste des cartes qui ont diminué étaient détenues par des non-résidents.
Preuve du malaise, certains commerces imposent des frais supplémentaires à leurs clients qui souhaitent régler par carte bancaire. Dans le même temps, le nombre de terminaux de paiement (Point of sales en anglais ou POS) a diminué de 3,1 % sur les quatre premiers mois de l’année, pour atteindre 37 376 machines (une diminution de 1 183 appareils). Bank Audi, qui a relayé ces chiffres publiés par la banque centrale, n’a pas précisé s’il s’agissait de commerces qui se sont débarrassés de leurs machines, ou d’entreprises qui ont fermé leurs portes, en marge des nombreuses crises – économique, financière, bancaire et sanitaire – que traverse le pays depuis près de deux ans.
Même le nombre de distributeurs automatiques de billets (DAB ou ATM) a diminué, avec 47 machines en moins durant les quatre premiers mois, et ramenant leur nombre à 1 827 à fin avril. Cette baisse pourrait, d’une part, être liée à la fermeture du nombre d’agences bancaires et, d’autre part à l’arrêt d’approvisionnement de certains distributeurs dans des quartiers où éclatent souvent des révoltes populaires, expliquant pourquoi plusieurs d’entre eux ont été barricadés, en particulier dans la capitale. C’est le Mont-Liban qui possède le plus d’ATM (36,6 % du total), suivi par Beyrouth (36 %), du Liban-Nord (10,5 %) et du Liban-Sud (7,8 %). La vallée de la Békaa manque dans cette liste mais, selon nos calculs, elle devrait héberger 9,1 % des ATM au Liban.

