Des cheikhs de tribus irakiennes lors de funérailles proches de Bagdad. Photo d'archives Ahmad al-Rubaye/AFP
Des milliers de miliciens irakiens membres du Hachd al-Chaabi et leurs partisans ont participé mardi à Bagdad à des funérailles symboliques pour les personnes tuées lors d'un raid américain contre cette coalition militaire pro-Iran. Dans la nuit de dimanche à lundi, les Etats-Unis ont mené des frappes contre ces milices en réponse aux attaques ayant visé ces derniers mois leurs intérêts en Irak, imputées aux factions fidèles à Téhéran.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les raids ont détruit un entrepôt et une position de milices irakiennes membres du Hachd al-Chaabi près de la ville de Boukamal, dans l'est de la Syrie, non loin de la frontière irakienne.
Sous les cris "Mort à l'Amérique" et "Vengeance pour les martyrs", des milliers de personnes se sont rassemblées dans le quartier Jadiriyah, proche de la Zone Verte, secteur fortifié de la capitale qui comprend les ambassades des Etats-Unis et la Grande-Bretagne, a constaté un correspondant de l'AFP. Des hauts dirigeants du Hachd al-Chaabi, fer de lance de l'anti-américanisme en Irak, parmi lesquels Faleh al-Fayyad, Hadi al-Amiri, ainsi que le conseiller à la sécurité nationale irakienne, Qassem al-Aaraji, ont participé à cette cérémonie symbolique.
Escortées par des voitures transportant des hommes armés vêtus de noir, les participants ont brandi des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : "viser Hachd al-Chaabi doit accélérer le retrait des troupes américaines du pays".
Des photos du général Kassem Soleimani, architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient, et son premier lieutenant irakien, Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaab, tués le 3 janvier 2020 dans une frappe de drone ordonnée par Donald Trump près de l'aéroport international de Bagdad, étaient déposées sur des voitures qui ont précédé leur convoi.
Lors d'une visite à Rome lundi, le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, avait affirmé que les frappes nocturnes américaines contre des milices pro-Iran en Irak et en Syrie étaient un message "fort" pour prévenir toute nouvelle attaque contre les intérêts américains. Mais à Bagdad, le Premier ministre, Moustafa al-Kazimi, a lui dénoncé une "violation flagrante de la souveraineté" irakienne, tout en appelant "à éviter l'escalade".
Sous les cris "Mort à l'Amérique" et "Vengeance pour les martyrs", des milliers de personnes se sont rassemblées dans le quartier...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine