Des véhicules faisant la file devant une station-service de Beyrouth, le 10 juin 2021. Photo REUTERS/Mohamed Azakir
Le syndicat des propriétaires de stations-service au Liban a appelé jeudi le chef de l'Etat, Michel Aoun, qui doit présider dans la matinée une réunion sur la question de la pénurie de carburant, à prendre rapidement des mesures "radicales" pour assurer que l'essence soit fournie de manière suffisante aux stations.
"Il est temps d'épargner aux Libanais les files de voitures", a écrit Georges Brax, porte-parole du syndicat, dans un communiqué. Il a appelé à l'adoption de "solutions radicales" pour fournir de l'essence en quantités suffisantes aux stations. "Nous encourageons donc le président Aoun et les personnes qui participeront à la réunion à Baabda à prendre toutes les décisions nécessaires et à les mettre en place immédiatement", a-t-il ajouté.
Alors que des informations font état d'une décision qui serait prise d'ouvrir des crédits en dollars mais au taux de 3 900 livres libanaises pour un billet vert, au lieu du taux officiel de 1 507.5, M. Brax a souligné que, quel que soit le mécanisme adopté, il faudra s'assurer que les fonds nécessaires soient débloqués "de manière constante et sans retard" par la Banque du Liban (BDL) à tous les importateurs. Il a encore réclamé que des mesures soient prises pour que tous les produits importés soient distribués "dans toutes les stations de tout le territoire", en limitant les pratiques de stockage illégal et de contrebande. Si ces questions ne sont pas réglées, les Libanais "continueront à souffrir" des pénuries et les réserves en devises de la BDL continueront de fondre.
Les ministres sortants des Finances, Ghazi Wazni, de l'Energie, Raymond Ghajjar, et le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, participeront à cette réunion.
La banque centrale fournit depuis octobre 2019 au taux officiel (1507,5 livres pour un dollar) près de 90 % des devises nécessaires aux importateurs de carburant, le reste étant payé au taux du marché parallèle qui tourne depuis une semaine autour des 15 000 livres libanaises pour un dollar. Il n'était pas clair, dans l'immédiat, dans le cas d'un déboursement de subventions pour le carburant au taux de 3 900, si la BDL couvrira la totalité des montants réclamés par les importateurs ou également un certain pourcentage.


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