Le Premier ministre sortant, Hassane Diab. Photo d'archives AFP
Le Premier ministre sortant, Hassane Diab, a assuré lundi, via son bureau de presse, qu'il mettra tout en œuvre pour "atténuer le fardeau de la crise et mener les affaires de l'Etat", rejetant les critiques à l'encontre de son gouvernement sortant, accusé d'interpréter de manière trop restrictive "l'expédition des affaires courantes" dont il est chargé et de ne pas suffisamment agir, alors que le pays s'effondre. Dans un communiqué publié par le bureau de presse de la présidence du Conseil, M. Diab a refusé de "réactiver" ou "renflouer" son cabinet, estimant que cela entraverait la mise sur pied du nouveau gouvernement, attendu depuis août 2020.
"Le gouvernement démissionnaire a porté, avec une grande responsabilité historique, le fardeau des mauvaises politiques qui ont amené le pays à un état d'effondrement", a justifié M. Diab. "N'eut été cet effort continu, les problèmes auraient été bien plus graves que ce qui se passe aujourd'hui", a-t-il estimé. Il a notamment souligné avoir finalisé le projet de carte de financement pour les familles les plus démunies, leur octroyant une somme d'argent mensuelle palliant à la levée des subventions de la Banque centrale sur les biens de première nécessité. Ce projet est actuellement étudié par une sous-commission parlementaire et doit encore être approuvé par le Parlement.
M. Diab s'est dans ce cadre à nouveau opposé à tout "renflouement" ou "réactivation" du gouvernement sortant, estimant que cela n'était basé sur "aucune disposition constitutionnelle". Il a appelé à respecter "la démission du gouvernement et les consultations parlementaires contraignantes" qui ont conduit à la désignation de Saad Hariri.
Le Premier ministre sortant a mis les maux endurés par le peuple libanais sur le compte de l'absence d'un gouvernement. "La monnaie a chuté depuis la démission de notre cabinet, des pénuries de médicaments et de carburant ont eu lieu, les crises de l'électricité et du secteur hospitalier se sont exacerbées", a affirmé celui qui a démissionné dans la foulée des explosions meurtrières au port de Beyrouth le 4 août dernier.
Il a dès lors plaidé une nouvelle fois pour la formation d'un nouveau gouvernement - "une priorité et une mission sacrée" - souhaitant que cette équipe "ait les pouvoirs de traiter la grave crise financière, économique, sociale" afin d'arrêter la série d'effondrements progressifs". Dénonçant les mauvaises politiques financières de ces dernières décennies, il a critiqué "la division politique qui entrave la formation d'un gouvernement et provoque l'effondrement de la monnaie nationale".
Malgré tout, "le président du Conseil confirme qu'il ne manquera pas de déployer tous les efforts possibles pour atténuer le fardeau de la crise, gérer les affaires de l'Etat et expédier les affaires courantes au plus haut niveau possible, en espérant que les forces politiques assument leur responsabilité de former rapidement un nouveau cabinet", conclut le texte.
Le Liban attend un cabinet depuis plus de dix mois, suite à la démission de celui de M. Diab. Le chef de l'Etat, Michel Aoun, et le Premier ministre désigné, Saad Hariri, en proie à un imbroglio politique et personnel, ne sont pas parvenus à former une nouvelle équipe pour diriger le pays et s'écharpent sur la question de la nomination de ministrables chrétiens.


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