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Le blocage gouvernemental est "un crime" contre les Libanais, selon le groupe joumblattiste

Le blocage gouvernemental est

Le député Taymour Joumblatt. Photo ANI

Le groupe parlementaire joumblattiste a qualifié mercredi de "crime flagrant contre les Libanais" le blocage gouvernemental, le nouveau cabinet étant attendu depuis août 2020, et a appelé à "rationaliser immédiatement" le mécanisme de subventions normalement accordées sur les importations de certains produits essentiels. Le bloc dit de la "Rencontre démocratique", majoritairement composé de députés membres du Parti socialiste progressiste (PSP, dirigé par le leader druze Walid Joumblatt), a pris ces positions alors que le pays s'enfonce toujours plus dans une crise socioéconomique et financière de grande ampleur et que les pénuries de certains produits de première nécessité, comme les médicaments ou le carburant, pèsent sur la vie quotidienne des Libanais. 

"L'impasse gouvernementale actuelle est un crime flagrant contre les Libanais qui traversent l'une des crises socioéconomiques les plus graves et difficiles du monde", ont affirmé les députés joumblattistes dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion présidée par le chef du groupe, Taymour Joumblatt. "Il n'est pas permis de jouer avec les sensibilités confessionnelles, qu'elles soient chrétiennes ou musulmanes", ont-ils ajouté, déplorant que cette impasse réduise "les opportunités de mettre un terme à l'effondrement". "Nous appelons les personnes concernées à mettre immédiatement sur pied le gouvernement, sur la base des idées proposées par Walid Joumblatt et reprises dans l'initiative du président de la Chambre, Nabih Berry", ont-ils exhorté. 

L'initiative de M. Berry, qui tente d'aplanir les tensions entre le camp du chef de l'Etat, Michel Aoun, et celui du Premier ministre désigné, Saad Hariri, prévoit la mise sur pied d'une équipe de 24 sans tiers de blocage. Elle butte toutefois sur l'insistance du chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, qui refuse de s’engager à ce que son groupe parlementaire accorde sa confiance au futur cabinet et insiste pour nommer les deux ministres chrétiens supplémentaires dans une telle équipe, avait confié mardi une source bien informée à L'OLJ. 

Concernant les subventions, le groupe parlementaire a insisté sur la "nécessité pressante" de rationaliser les subventions, rappelant avoir présenté en octobre 2020 une proposition de rationalisation. "Cela permettrait d'assurer rapidement l'approvisionnement en matières essentielles comme les denrées alimentaires, le carburant, les médicaments et le matériel médical", actuellement en pénurie, a-t-il ajouté. Et d'estimer que les pénuries "mettent en péril" la stabilité sociale et la sécurité sanitaire et préfigurent un "chaos destructeur" si aucune mesure n'est prise. Il a dès lors appelé le gouvernement sortant de Hassane Diab à "faire le nécessaire pour mettre un terme au mécanisme inutile de subventions qui a détruit les fonds des déposants et les a envoyés dans les poches des contrebandiers et commerçants, s'arrogeant le monopole" de certains produits. Les députés ont donc encouragé la mise en application d'une carte de financement à distribuer aux familles défavorisées. Le projet de loi du gouvernement sortant à ce sujet et une proposition du groupe parlementaire aouniste sont actuellement à l'étude par les commissions parlementaires mixtes. 

Depuis un an et demi, de nombreux produits sont chroniquement en pénurie au Liban et cette crise s'est aggravée ces derniers mois. Certains médicaments et laits infantiles ont disparu des rayons des pharmacies, les files d'automobilistes s'étendent parfois sur des kilomètres devant les stations-service, pour ne remplir que des quantités limitées d'essence, et plusieurs laboratoires et hôpitaux ont annoncé devoir limiter les examens en laboratoire. Les responsables de ces différents secteurs se renvoient la responsabilité de ces pénuries, les importateurs accusent la Banque du Liban (BDL) de ne plus débloquer les fonds nécessaires pour subventionner les importations des produits, telle qu'elle le fait depuis le début de la crise financière, mais sont accusés de conserver de nombreux produits disponibles dans leurs entrepôts, dans l'attente d'une levée des subventions.

Le groupe parlementaire joumblattiste a qualifié mercredi de "crime flagrant contre les Libanais" le blocage gouvernemental, le nouveau cabinet étant attendu depuis août 2020, et a appelé à "rationaliser immédiatement" le mécanisme de subventions normalement accordées sur les importations de certains produits essentiels. Le bloc dit de la "Rencontre démocratique", majoritairement composé de députés membres du Parti socialiste progressiste (PSP, dirigé par le leader druze Walid Joumblatt), a pris ces positions alors que le pays s'enfonce toujours plus dans une crise socioéconomique et financière de grande ampleur et que les pénuries de certains produits de première nécessité, comme les médicaments ou le carburant, pèsent sur la vie quotidienne des Libanais. "L'impasse gouvernementale actuelle est un crime...