Le député Ibrahim Kanaan, le 7 juin 2021 au Parlement libanais à Beyrouth. Photo Philippe Hage Boutros
Près de deux ans après le début de la crise financière qui secoue le Liban, la commission parlementaire des Finances et du Budget, présidée par le député Ibrahim Kanaan, a approuvé lundi la loi sur le contrôle des capitaux. Le texte sera envoyé au Parlement afin qu'il soit soumis au vote et que la loi puisse être adoptée. L'annonce a été faite de manière laconique sur Twitter par le député et ex-ministre des Finances Ali Hassan Khalil.
Selon notre journaliste sur place Philippe Hage Boutros, Ibrahim Kanaan devrait envoyer dans les prochains jours son rapport final sur ce texte au Parlement. Mais le député a fait savoir que la Banque du Liban (BDL) n'avait toujours pas communiqué à la commission tous les chiffres nécessaires à ce dossier.
Lors d'un point de presse, M. Kanaan a expliqué que le texte approuvé par la commission "interdit les virements à l'étranger, à l'exception de ceux à caractère urgent et ceux qui doivent être effectués à intervalles réguliers". Le plafond de ces virements devrait être fixé à 50.000 dollars, toujours selon ce texte. Sur le plan interne, le texte prévoit un plafond de 15 à 20 millions de livres libanaises pour les retraits au Liban, mais ne concerne pas les retraits des comptes dédiés aux salaires. Quant aux retraits en devises au Liban, le plafond prévu par la commission se situe entre 400 et 800 dollars par mois, a indiqué M. Kanaan.
La commission se réunissait depuis plusieurs semaines à un rythme hebdomadaire pour discuter de cette loi, alors que les banques locales appliquent depuis près de deux ans des restrictions bancaires sur les transferts et retraits des dépôts en devises de manière illégale. Après le début du mouvement de contestation populaire contre la classe politique jugée corrompue le 17 octobre 2019, une sortie massive de capitaux a été enregistrée de la part des responsables politiques, leurs proches partisans ainsi que des dirigeants de banque, estimée à plus de six milliards de dollars en juin par l’ancien directeur général du ministère des Finances, Alain Bifani.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine