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Treize personnes jugées pour le cyberharcèlement d'une adolescente après des vidéos polémiques sur l'islam

Treize personnes jugées pour le cyberharcèlement d'une adolescente après des vidéos polémiques sur l'islam

Dans le palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité, en janvier 2021. AFP/Photo d'archives/Ludovic MARIN

Des vidéos devenues virales, suivies d'un déferlement de haine en ligne: treize personnes doivent être jugées jeudi à Paris pour avoir participé au harcèlement de Mila, une adolescente française visée par de nombreuses menaces de mort après avoir mis en ligne des vidéos polémiques sur l'islam.

Les prévenus, âgés de 18 à 30 ans, sont renvoyés devant le tribunal pour harcèlement en ligne. Certains seront également jugés pour menaces de mort, et pour l'un d'eux pour menace de crime.

Deux d'entre eux ont formulé des demandes de renvoi, qui seront examinées à l'ouverture de l'audience jeudi à 13h30.

"Ce procès est celui de la terreur numérique qui déchaîne des meutes sexistes, homophobes, intolérantes contre une adolescente", estime auprès de l'AFP Richard Malka, l'avocat de Mila, victime de "raids" sur Internet après deux vidéos sur l'islam en janvier puis novembre 2020. La lycéenne âgée de 16 ans à l'époque avait été contrainte de quitter son établissement scolaire.

La jeune femme, qui publie le 23 juin un livre sur cette affaire, sera présente à l'audience, indique Me Malka. Pour l'avocat, Mila n'a fait "qu'exercer un droit", celui de blasphémer, et ce procès est aussi "celui de 13 personnes, sans histoire, qui, cachées derrière leur écran et leur pseudonyme, ont souhaité broyer le crâne et lacérer le corps d'une mineure devenue leur bouc émissaire".

"Ce lynchage numérique doit être sanctionné", considère Me Malka.

"Sur plusieurs milliers de tweets, on a identifié quelques-uns (des auteurs) et ce sont ceux-là qui sont poursuivis (...) On fait assumer à celui qui a fait un tweet la totalité des menaces des autres", s'inquiète de son côté Gérard Chemla, l'avocat d'un des prévenus.

Ce dernier a eu "une réaction assez sotte et épidermique, comme il y en a tous les jours sur Twitter". "Mon client est complètement dépassé par cette affaire là", assure Me Chemla.

Un autre avocat de la défense, Marc Bailly, dénonce "la violence de la procédure", destinée selon lui à mettre "un coup de lumière" sur l'infraction de cyberharcèlement, "qui est nouvelle".

Depuis 2018, ce délit peut être constitué dès lors que plusieurs personnes s'en prenant à une même victime savent que leurs propos ou comportements caractérisent une répétition, sans que chacune de ces personnes ait agi de façon répétée ou concertée.

Les prévenus encourent deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende pour le harcèlement en ligne, trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende pour les menaces de mort. Deux personnes ont déjà été condamnées à des peines de prison pour avoir menacé de mort Mila.

Des vidéos devenues virales, suivies d'un déferlement de haine en ligne: treize personnes doivent être jugées jeudi à Paris pour avoir participé au harcèlement de Mila, une adolescente française visée par de nombreuses menaces de mort après avoir mis en ligne des vidéos polémiques sur l'islam.Les prévenus, âgés de 18 à 30 ans, sont renvoyés devant le tribunal pour harcèlement en ligne. Certains seront également jugés pour menaces de mort, et pour l'un d'eux pour menace de crime.Deux d'entre eux ont formulé des demandes de renvoi, qui seront examinées à l'ouverture de l'audience jeudi à 13h30."Ce procès est celui de la terreur numérique qui déchaîne des meutes sexistes, homophobes, intolérantes contre une adolescente", estime auprès de l'AFP Richard Malka, l'avocat de Mila, victime de "raids" sur Internet...