Le président libanais, Michel Aoun (c), lors d'une réunion avec le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé (g), et le président du Conseil d'Etat, Fadi Elias. Photo Twitter/Présidence libanaise
Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Riad Salamé et le président du Conseil d'Etat, le juge Fadi Elias, ont été reçus jeudi au palais présidentiel de Baabda où ils ont pris part à une réunion présidée par le chef de l'Etat, Michel Aoun, au lendemain de la suspension des retraits en "lollars" à 3.900 livres, une mesure qui accable encore plus une population éprouvée par une crise économique aiguë.
Selon un tweet de la présidence, cette réunion vise à "traiter le problème du taux de la livre". Aucune information supplémentaire n'a été communiquée pour l'instant.
Mercredi soir, la BDL a annoncé la suspension de l’exécution de la circulaire principale n°151 sur les retraits en "lollars". Publié en mars 2020, ce texte autorisait les banques à décaisser en livres et au taux de 3.900 livres pour un dollar des montants limités provenant des dépôts en devises bloqués en raison des restrictions bancaires depuis fin 2019. Ces restrictions n’ont toujours pas été légalisées par le Parlement et sont à l’origine de nombreuses procédures judiciaires lancées par des déposants contre les établissements bancaires.
La décision de la BDL fait suite à la suspension ordonnée lundi par le Conseil d’État, saisi d’un recours déposé au printemps par trois avocats contestant cette circulaire. Celle-ci permet selon eux aux banques de se dérober à leur obligation de rembourser les dépôts dans la devise dans laquelle ils ont été effectués, tout en faisant subir une décote à leurs clients. Si le taux de 3.900 livres pour un dollar est supérieur à la parité officielle de 1 507,5 livres, il est aussi largement inférieur à celui du marché parallèle qui flirte cette semaine avec la barre des 13 000 livres.
La BDL et les banques ont toujours présenté ce mécanisme comme un moyen de compenser une partie de la dépréciation de la livre dans un contexte économique et financier désastreux. Les Libanais sont donc condamnés à attendre l’évolution de la procédure lancée devant le Conseil d’État.


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