Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea. Photo ANI
Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a appelé une nouvelle fois mardi à "ne pas toucher aux réserves obligatoires des banques" qui se trouvent à la Banque du Liban (BDL) car "c'est le seul ferment pour le relèvement du secteur bancaire".
La Banque du Liban utilise ses réserves en devises étrangères pour subventionner le pain, l'essence et les médicaments, et ainsi faire face à la dépréciation de la livre libanaise sur le marché parallèle en raison de la crise économique qui secoue le pays depuis près de deux ans. Avec la chute de la monnaie locale, ses réserves en dollars fondent rapidement et se rapprochent du seuil critique des réserves obligatoires des banques, c'est-à-dire des dépôts des Libanais, auxquelles elle n'a en théorie pas le droit de toucher.
"Les réserves obligatoires sont très importantes, non parce qu'elles constituent 15% de l'argent des déposants, donc de tous les Libanais, mais parce que c'est le seul ferment qui reste si le secteur bancaire veut se relever", a-t-il affirmé après sa rencontre avec une délégation de l'association "Le cri des déposants". "Toute la logique consistant à mettre la main sur les réserves obligatoires est catégoriquement rejetée par nous. Nous nous y opposons", a déclaré le leader chrétien. "La réserve obligatoire est l'argent présent à la Banque centrale comme garantie et personne n'a le droit d'y toucher", a-t-il ajouté.
M. Geagea s'est adressé dans ce contexte aux responsables libanais. "S'ils veulent obtenir une avance (sur le trésor NDLR) pour l'électricité, ils doivent trouver un moyen de garantir cette avance, étant donné que les citoyens paient des impôts", a estimé M. Geagea dont le parti s'est opposé à une avance de 300 milliards de livres pour payer le carburant des centrales d’Électricité du Liban, en invoquant le droit à la propriété privée consacré dans le préambule de la Constitution. "S'ils veulent financer la carte d'approvisionnement, l'État doit trouver des sources pour ce financement, mais il n'a pas le droit de mettre la main sur l'argent restant dans les poches des déposants et d'éliminer le dernier espoir de reconstituer les dépôts des déposants libanais dans les banques libanaises", a-t-il ajouté.
Aussi a-t-il appelé les déposants à intenter une action en justice contre ceux qui souhaiteraient toucher aux réserves obligatoires. "Il existe une équipe d'avocats prête à assister ceux qui ont besoin de conseils juridiques à cet égard", a-t-il fait savoir.
La BDL subventionne depuis novembre 2019 les importations de plusieurs catégories de produits de première nécessité. Une majeure partie du prix d’importation de ces produits est ainsi couverte par la BDL au taux officiel de 1.507,5 livres (alors que la monnaie nationale s'échange actuellement aux alentours de 13.000 LL contre le dollar sur le marché noir) et l’autre partie doit être assurée par l’importateur.


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