Le Premier ministre libanais sortant, Hassane Diab. Photo d'archives AFP
Le Premier ministre libanais sortant, Hassane Diab, a célébré mardi le 21e anniversaire de la libération du Liban-sud de l'occupation israélienne, affirmant que cet événement n'était pas une "fête folklorique".
"Ce n'est pas une fête folklorique. Il s'agit d'une étape historique qui a initié de vrais changements dans la lutte contre l'ennemi israélien qui se croyait invincible", a écrit M. Diab sur Twitter. "La fête de la Résistance et de la Libération est ce rayon de lumière apparu depuis l'an 2000, en passant par 2006 (la guerre de 33 jours entre Israël et le Liban) et 2021 avec la victoire à Gaza", a estimé le Premier ministre sortant, en référence au cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas à l'issue de violents bombardements de part et d'autre qui ont fait plus de 200 morts côté palestinien et une dizaine de victimes israéliennes, déclenchés par l'expulsion de plusieurs familles palestiniennes de Jérusalem.
L'armée israélienne s'était retirée le 24 mai 2000 de la partie du Liban-Sud qu'elle occupait encore, mais le Liban estime qu'elle doit encore se retirer des fermes de Chebaa, situées sur les pentes occidentales du mont Hermon, occupées par Israël en juin 1967, ainsi que des hauteurs de Kfarchouba et de la partie-nord du village de Ghajar pour que la libération soit complète.
La ministre sortante de la Défense et ministre sortante par intérim aux Affaires étrangères, Zeina Acar, a pour sa part estimé que "l'unité, la solidarité et la sagesse est ce dont nous avons le plus besoin, au moment où le pays connaît des circonstances exceptionnelles et oppressantes". "Nous devons tirer les leçons afin de préserver la dignité du Liban. Nous devons aussi surmonter les divisions politiques et les intérêts individuels", a-t-elle prôné.
Le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, a de son côté déclaré que la fête de la Libération "unit tous les Libanais". Il a aussi appelé à la libération des fermes de Chebaa et des hameaux de Kfar Chouba, estimant qu'il s'agit de "droits acquis pour les Libanais". Le général Ibrahim a aussi plaidé pour l'arrêt des violations aériennes israéliennes, mettant en garde contre les ambitions de l'Etat hébreu sur les ressources naturelles libanaises, au moment où les deux pays sont engagés dans des pourparlers indirects sur la délimitation de la frontière maritime en vue d'exploiter les ressources en hydrocarbures. Un processus dans l'impasse depuis des mois.
Quant au chef du Courant patriotique libre, le député Gebran Bassil, il a estimé que la libération de l'an 2000 "a mis un terme à la légende de l'occupation". "La victoire de 2006 a mis un terme à l'époque de l'agression israélienne impunie. L'équation de dissuasion a renforcé le Liban dans la protection de ses frontières, mettant un terme à l'adage selon lequel la force du Liban réside dans sa faiblesse", a estimé le leader chrétien allié du Hezbollah. "Mais les victoires risquent d'être perdues si l'on ne renforce pas l'Etat de droit et de justice à travers la reddition des comptes. La corruption annule toute capacité à résister", a toutefois prévenu M. Bassil, en écho aux propos de son beau-père, le président de la République, Michel Aoun, qui faisait lundi un parallèle entre la libération et la lutte contre la corruption.
De son côté, le chef du parti Kataëb, Samy Gemayel, a regretté que malgré "le retrait d'Israël du Liban-Sud le 25 mai 2000, après des années d'occupation et d'oppression", et "même après le retrait syrien" en 2005, la "souveraineté du Liban reste incomplète, en raison de la présence de la milice du Hezbollah qui confisque la décision d'entrer en guerre ou de faire la paix". Il a également cité les frontières maritime et terrestre toujours pas tracées, la détention de Libanais dans les prisons syriennes et les ressortissants libanais bannis en Israël.


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