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Économie - Crise

Nouvelle ruée aux pompes pendant le week-end dans plusieurs régions

Nouvelle ruée aux pompes pendant le week-end dans plusieurs régions

Une file d’attente hier à une station-service dans la ville de Saïda (Liban-Sud). Photo Mountasser Abdallah

Ce sont de nouvelles scènes de longues files d’attente devant les stations-service, débordant parfois sur les routes et autoroutes, auxquelles les Libanais ont assisté au cours du week-end écoulé, alors que la peur d’une levée des subventions sur le carburant continue de se répandre. Prises d’assaut sur certains axes du pays, des stations-services ont dû fermer leurs portes ou rationner l’approvisionnement par véhicule. Une panique due aux « nombreuses rumeurs circulant sur les réseaux sociaux », selon Georges Brax, porte-parole du syndicat des propriétaires de stations-service, contacté hier par L’Orient-Le Jour. « Il n’y a pas de pénurie d’essence mais un ralentissement de la distribution », a-t-il expliqué. « Aucun obstacle n’est à noter dans la procédure de travail entre les compagnies importatrices et la Banque centrale. Des navires-citernes sont entrés dans les eaux territoriales libanaises et d’autres sont en route et déchargeront leurs cargaisons cette semaine », a affirmé le syndicaliste.

Cependant, en perspective de la fête du Fitr en fin de semaine, marquant la fin du jeûne du ramadan pour les communautés musulmanes et rallongeant le week-end de quelques jours, l’approvisionnement en essence des stations-service nationales pour cette semaine « dépendra du rythme d’ouverture des lignes de crédit de la part de la Banque centrale », dont les retards de paiement sont monnaie courante, a souligné George Brax.

Disparités régionales

Si la capitale et les routes côtières, de grand passage, ont particulièrement été témoins de cette nouvelle ruée vers les pompes dans un Liban en crise économique et financière depuis plus d’un an et demi, d’autres régions plus reculées ont été épargnées où les automobilistes pouvaient effectuer le plein de carburant, selon une source proche du journal.

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Dans la Békaa, notre correspondante Sarah Abdallah a toutefois noté hier des fermetures de stations, dont certaines à la cire rouge en raison de prix trop élevés à la vente. Les stations-service de Chtaura et Zahlé ont également connu des embouteillages toute la semaine dernière et l’impossibilité pour des particuliers de s’approvisionner pour plus de 20 000 ou 30 000 livres libanaises d’essence, selon les témoignages recueillis par Sarah Abdallah.

Au Liban-Sud, notre journaliste sur place Mountasser Abdallah a, lui aussi, noté hier après-midi de nombreuses files d’attente et la fermeture de la plupart des stations-service dans la ville de Saïda et ses environs, alors que les stations fonctionnaient normalement le matin même. Une situation qui, selon lui, était similaire la semaine dernière.

Alternative aux subventions

La crainte d’une levée des subventions s’est accentuée en fin de semaine dernière, alors que certains importateurs des produits concernés ont tiré la sonnette d’alarme, tels ceux de poulet et de médicaments. Lundi dernier, le Premier ministre Hassane Diab a évoqué l’idée d’une « carte d’approvisionnement » distribuée à 75 % de la population et devant être financée par la communauté internationale, dans le cadre du plan de sortie du processus de subventions. En l’absence d’accord sur cette carte, il faudra puiser dans les réserves en devises de la BDL, même celles obligatoires, puisque le Premier ministre sortant refuse une levée des subventions sans solution de rechange.

« L’unique solution à cette crise est la formation d’un nouveau gouvernement ayant la confiance de la communauté internationale, de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et des investisseurs », martèle, pour sa part, Georges Brax.

En place depuis le début de la crise, les mécanismes de subventions ont pour but de limiter l’inflation sur les produits désignés (blé, carburant, médicaments, matériel médical et un panier alimentaire) en faisant bénéficier les importateurs d’une aide financière de la Banque du Liban (BDL). Un système instauré face à la dévaluation historique de la monnaie nationale, qui s’échangeait hier autour des 12 800 livres pour un dollar sur le marché parallèle (contre une parité officielle de 1 507,5 livres). La fonte des réserves de la BDL et ses multiples mises en garde quant à l’impossibilité de maintenir ces subventions font craindre aux Libanais une flambée des prix si ces mécanismes venaient à être levés sans qu’aucun système de substitution n’ait été planifié par l’exécutif.


Ce sont de nouvelles scènes de longues files d’attente devant les stations-service, débordant parfois sur les routes et autoroutes, auxquelles les Libanais ont assisté au cours du week-end écoulé, alors que la peur d’une levée des subventions sur le carburant continue de se répandre. Prises d’assaut sur certains axes du pays, des stations-services ont dû fermer leurs portes ou...

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