Le Premier ministre sortant, Hassane Diab, présidant une réunion au Grand sérail, le 7 mai 2021. Photo fournie par le bureau de presse de M. Diab
Le Premier ministre libanais sortant, Hassane Diab, a défendu une nouvelle vendredi fois son bilan et mis les échecs de son gouvernement sur le compte de la crise aux multiples facettes que traverse le Liban. Il a réaffirmé qu'il ne tiendrait pas de Conseil des ministres, refusant par là l'idée d'un renflouement du gouvernement sortant et appelant à la formation d'un nouveau cabinet.
Depuis sa démission le 10 août dernier, le gouvernement de M. Diab gère les affaires courantes. Un nouveau cabinet se fait attendre depuis neuf mois, en raison d'un conflit politique entre le chef d'Etat, Michel Aoun, et le Premier ministre désigné, Saad Hariri, sur la forme du gouvernement, la nomination des ministres, et les prérogatives de chacun dans ce processus. De son côté, M. Diab a défendu à plusieurs reprises dernièrement son bilan, se dédouanant de toute responsabilité dans la crise actuelle. A nouveau, Hassane Diab a abordé de nombreux dossiers, notamment la gestion des affaires courantes, l'enquête sur l'explosion meurtrière du 4 août 2020 au port de Beyrouth, le tracé de la frontière maritime avec Israël et la question de la levée des subventions.
"Jamais auparavant un gouvernement n'a été confronté à des calamités, des problèmes et des crises d'une telle ampleur et d'un tel rythme pendant six mois puis pendant la période d’expédition des affaires courantes", a affirmé M. Diab, jetant la pierre aux "mauvaises décisions financières, économiques et monétaires prises par les gouvernements précédents".
"Si nous avions formé un gouvernement il y a neuf mois, nous n'aurions pas atteint cette situation critique", a encore affirmé le Premier ministre sortant, lors d'une réunion au Grand sérail avec l'ordre des rédacteurs et une délégation de journalistes. "Tout Premier ministre, aussi fort et propre soit-il, ne pourrait pas réussir en l'absence d'un consensus politique et du soutien des différents partis", a-t-il estimé.
"Il n'est pas possible de choisir des ministres totalement indépendants sans consulter les blocs parlementaires qui accorderont leur confiance au Parlement. Le gouvernement actuel est le plus proche, dans l'histoire du Liban, des exigences d'un gouvernement technocratique", a-t-il assuré, alors que certains lui reprochent de cacher des allégeances politiques sous un vernis technocratique.
Il a ensuite réaffirmé qu'il ne "tiendrait pas de Conseil des ministres", car la Constitution le prohibe pour un gouvernement sortant. Et ce malgré la nécessité d'une approbation de l'amendement du décret 6433 qui donne droit au Liban à 1430km² d'eaux territoriales, au lieu des 860km² réclamés précédemment. Le président de la République refuse pour l'instant d'accorder son approbation exceptionnelle à ce décret, prétextant la nécessité d'une réunion du Conseil des ministres à cet effet.
En outre, concernant la rationalisation des subventions sur les matières et denrées essentielles dans un contexte de crise, M. Diab a rappelé que le gouvernement avait envoyé quatre scénarios de mise en place d'une "carte d'approvisionnement" au Parlement. La Banque du Liban, en manque de devises étrangères, n'a plus les moyens de financer des subventions sur le pain, le carburant et les médicaments. Sans rationalisation, il faudra utiliser les réserves obligatoires de la Banque centrale, avait averti M. Diab lundi.
Quant aux explosions meurtrières du port de Beyrouth, le Premier ministre sortant a défendu une nouvelle fois la justesse de la démission de son gouvernement quelques jours après, le 10 août 2020. Il a rappelé que la commission d'enquête administrative (ministérielle) mise en place par le gouvernement avant sa démission a élaboré et adopté plusieurs recommandations, notamment pour dédommager les familles des victimes, les blessés et ceux qui ont perdu leur logement.


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