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Nos Lecteurs ont la Parole

À nous, ces Libanais, ces super-héros

Il faut être libanais, résilient, un tant soit peu inconscient, pour accepter ce que nous subissons depuis des années, pour décider de vivre malgré tous les défis et continuer d’y croire et de lutter, comme nous le faisons depuis que le Liban existe.

Certains ont choisi de quitter le pays, lassés de se battre et de tomber. D’autres ont choisi de le quitter malgré eux, pour nourrir leur famille ou bâtir leur avenir, mais ceux-là ont gardé en eux l’odeur de leurs terres et l’image de leur mère. Et d’autres, enfin, ont choisi d’y rester, parce qu’ils l’aiment ce pays. Alors à ceux-là qui ont porté la misère des autres à bout de bras, qui se sont démenés au quotidien pour soulager la famine et le désespoir des plus démunis, qui ont retroussé leurs manches après le 4 août et reconstruit leur pays, malgré leur colère et leur envie de tuer, je leur dis : chapeau et bravo.

Chapeau, parce que leur combat a montré au monde entier ce qu’est le vrai sens du courage d’un peuple fatigué de lutter, mais qui ne baisse pas les bras, et qui se relève et rebâtit, malgré son désenchantement, son désarroi et surtout sa colère de se savoir mené par des dirigeants qui conjuguent les verbes voler, priver et escroquer à tous les temps. Chapeau, parce que leur lutte a montré au monde entier ce qu’est le vrai sens de la générosité d’un peuple qui, même de loin, s’est démené pour sauver sa terre et son pays. Et parce que surtout, la générosité, le courage et la résilience font partie de notre ADN, et que même si nous décidons de quitter et de nous éloigner de ce Liban, le Liban ne nous lâchera pas, parce qu’il habite en chacun de nous, parce qu’il fait partie de nous, et parce que nous l’aimons, bien que l’on soit fatigués d’y vivre, fatigués de combattre, fatigués d’être déçus, en un mot… fatigués d’être libanais !


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Il faut être libanais, résilient, un tant soit peu inconscient, pour accepter ce que nous subissons depuis des années, pour décider de vivre malgré tous les défis et continuer d’y croire et de lutter, comme nous le faisons depuis que le Liban existe. Certains ont choisi de quitter le pays, lassés de se battre et de tomber. D’autres ont choisi de le quitter malgré eux, pour nourrir...

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