Le vice-président du Parlement libanais, Elie Ferzli, a demandé lundi au chef de l'Etat, Michel Aoun, et au Premier ministre désigné, Saad Hariri, de nommer au sein du futur gouvernement un ministre chrétien représentant les députés chrétiens indépendants et appartenant à d'autres formations politiques ayant désigné Saad Hariri lors des consultations parlementaires.
Lors d'une conférence de presse au siège du Parlement, Elie Ferzli a fait valoir ce droit des députés chrétiens ne relevant pas du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) à pouvoir nommer un ministre chrétien. "Dans la mouture gouvernementale de 24 ministres, comme tout le monde le sait, six ministres, avec un relevant du (mouvement arménien, ndlr) Tachnag relèvent du président Aoun et du CPL. Les autres ministres relèvent de Sleiman Frangié (chef des Marada, ndlr) et des députés chrétiens indépendants et d'autres formations au sein de la Chambre", a argué M. Ferzli, citant notamment les noms de députés chrétiens membres des blocs Amal, comme Michel Moussa (Sud), et du Courant du Futur, comme Hadi Hobeiche (Akkar). "Nous ne ferons pas de compromis concernant le droit des députés chrétiens indépendants", a-t-il déclaré, appelant le chef de l'Etat, Michel Aoun, et le Premier ministre désigné, Saad Hariri, à prendre en compte cette revendication dans les tractations gouvernementales.
Le vice-président de la Chambre a en outre critiqué les campagnes de dénigrement lancées contre le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, qui avait critiqué dimanche les agissements de la juge Ghada Aoun.
M. Ferzli a par ailleurs lancé un appel à l'armée, à son commandement et aux forces de sécurité libanaises, les exhortant à prendre garde à la "décomposition" des institutions, "qui a déjà frappé les instances judiciaires et qui pourraient toucher les institutions sécuritaires". Il faisait référence à la polémique ayant éclaté ces dernières semaines entre le procureur général près la cour de cassation, Ghassan Oueidate, et la procureure générale près la cour d'appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, sur fond d'affaires de lutte contre la corruption et de tensions politiques entre le Courant du Futur de Saad Hariri et le CPL, dont sont proches, respectivement, ces deux magistrats. M. Ferzli a dans ce cadre exhorté l'armée à "prendre une initiative sécuritaire et à déclarer qu'elle ne peut pas rester les bras croisés face à l'effondrement des institutions".


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