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Dernières Infos - Crise du carburant

Pas de levée des subventions avant l’adoption de la carte de rationnement, assure Ghajar

Pas de levée des subventions avant l’adoption de la carte de rationnement, assure Ghajar

Le Premier ministre libanais sortant, Hassane Diab (c), présidant une réunion consacrée à la crise du carburant, le 15 avril 2021 au Sérail. Photo DR

Le Premier ministre libanais sortant, Hassane Diab, a présidé jeudi une réunion consacrée à la crise du secteur des hydrocarbures, au moment où le pays souffre de pénuries et d'effondrement de la monnaie locale et qu'une levée des subventions sur le carburant fait craindre un pic des prix. Lors de cette réunion, le ministre sortant de l’Energie, Raymond Ghajar, a assuré qu'il n'y aura pas de levée des subventions avant l’adoption de la carte électronique pour les aides en faveur des familles les plus défavorisées.

S’exprimant à l’issue de la réunion, M. Ghajar a affirmé que la pénurie d'essence actuelle est principalement due à la contrebande à la frontière avec la Syrie, du fait de l’écart des prix (de carburants) entre les deux pays. "Le prix de 20 litres d’essence au Liban est (aux alentours) de 40.000 livres libanaises, alors qu’en Syrie, il s’élève à 140.000 livres syriennes et 240.000 livres syriennes sur le marché noir", a expliqué le ministre sortant. "C’est donc le besoin d'essence sur le marché syrien qui pousse les contrebandiers libanais à prendre part à ce trafic vers la Syrie pour réaliser d'énormes profits, alors que cette matière est subventionnée par l'État libanais au profit des citoyens libanais". "La solution réside dans la régulation du prix de l'essence", a estimé le responsable. "Les subventions ne seront pas levées avant l'adoption de la carte de rationnement (...)", a-t-il promis, avant de déplorer que les citoyens se soient précipités pour acheter et stocker de l'essence par crainte de la levée des subventions. "Ceci est injustifié car le gouvernement ne lèvera pas les subventions de sitôt", a-t-il répété. Raymond Ghajar a demandé aux forces de sécurité et à l'armée libanaise de renforcer les contrôles aux frontières officielles et non officielles (les passages illégaux, ndlr) pour limiter la contrebande".

Au cours de la réunion, Hassane Diab avait, lui aussi, établi un lien entre la levée des subventions sur les importations de carburant et l’adoption de la carte de rationnement, selon l'agence Markaziya.

Les prix de l'essence ont augmenté de 100 livres jeudi au Liban, après une première hausse entamée lundi, selon le tarif bi-hebdomadaire publié par le ministère de l'Énergie. Cette tarification se base sur les cours mondiaux du baril de pétrole et le taux de change de la livre libanaise face au dollar, qui s'échangeait autour de 12.000 livres dans la matinée. Selon le nouveau tarif du ministère, le prix des 20 litres d’essence à 95 et 98 octanes ont augmenté de 100 livres, passant respectivement à 38.800 L.L., 40.000 L.L. Celui du mazout a pour sa part baissé de 100 L.L., se stabilisant ainsi à 26.300 L.L. Le prix de la bonbonne de gaz a, lui, été augmenté de 300 livres pour passer à 25.500 L.L.

De nombreuses stations-service avaient fermé leurs pompes à travers le pays au cours des derniers jours, et d'autres rationnaient sévèrement les quantités disponibles, autour de 20 ou 30.000 livres par client, provoquant de longues files d'attente. Les Libanais craignent une prochaine baisse ou une suppression pure et simple des subventions sur les importations de carburant, annoncée il y a un mois par le ministre sortant des Finances Ghazi Wazni, alors que le pays traverse une crise économique et financière aiguë depuis plus d’un an et demi.


Le Premier ministre libanais sortant, Hassane Diab, a présidé jeudi une réunion consacrée à la crise du secteur des hydrocarbures, au moment où le pays souffre de pénuries et d'effondrement de la monnaie locale et qu'une levée des subventions sur le carburant fait craindre un pic des prix. Lors de cette réunion, le ministre sortant de l’Energie, Raymond Ghajar, a assuré qu'il n'y...