Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Diplomatie

Pour Moscou, de nouvelles sanctions ne "favoriseront pas" un sommet Biden-Poutine

Pour Moscou, de nouvelles sanctions ne

Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Photo d'archives Shamil Zhumatov/AFP via Getty Images

La Russie a averti jeudi Washington contre l'adoption de nouvelles sanctions, imminentes selon la presse américaine, qui "ne favoriseront pas" l'organisation d'un sommet Biden-Poutine censé amorcer une stabilisation dans les relations délétères entre les deux rivaux géopolitiques.

Le Kremlin semble ainsi déchanter après avoir exprimé sa satisfaction sur la possibilité d'un tel sommet, signe d'une reconnaissance de la puissance russe après des semaines d'escalade verbale et de déploiement massif de troupes aux frontières ukrainiennes.

Le président américain Joe Biden a proposé mardi à son homologue russe Vladimir Poutine une rencontre dans un pays tiers, dans un geste apparent d'apaisement. La dernière rencontre à ce niveau entre les deux pays remonte à 2018. Mais selon plusieurs médias américains, Washington s'apprête à annoncer jeudi de nouvelles sanctions contre Moscou, pour les cyberattaques et l'ingérence électorale dont la Russie est accusée. Ces restrictions, qui suivent de multiples autres trains de sanctions déjà adoptés ces dernières années, viseraient plus de 30 entités russes et comprendraient l'expulsion de plus de 10 Russes des Etats-Unis, dont des diplomates. Ces derniers seront visés en rétorsion à des allégations, démenties par la Russie, selon lesquelles Moscou a offert des primes à des insurgés afghans pour tuer des soldats américains en Afghanistan. Elles limiteraient aussi l'accès des banques américaines au marché de la dette souveraine russe.

La dette russe ciblée 
Réagissant à ces informations, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a estimé jeudi que de nouvelles sanctions américaines "ne vont pas favoriser" une rencontre au sommet Poutine-Biden. Il a ajouté qu'il reviendra "aux deux présidents de décider si cela empêchera ou n'empêchera pas" le déroulement du sommet, tout en "condamnant" les sanctions "illégales". Elles ciblent pour la première fois la dette souveraine russe en rouble, en interdisant aux investisseurs américains d'en acheter de nouvelles émissions, après une première mesure adoptée en 2019 visant la dette russe en devises étrangères, selon la presse.

Une telle mesure devrait avoir toutefois un effet limité, la Russie n'ayant qu'une dette limitée et des réserves qui dépassent les 180 milliards de dollars, forte de ses exportations d'hydrocarbures. Elle pourrait toutefois être douloureuse pour le rouble, en chute jeudi, et déjà en difficulté depuis les premières sanctions adoptées en 2014.

"C'est une tempête dans un verre d'eau. Depuis plus de dix ans, la politique des autorités monétaires russes a visé à maintenir le déficit budgétaire à un niveau bas", a relevé auprès de l'AFP l'économiste Sergueï Khestanov, qui souligne que Moscou y est préparé "depuis longtemps".

Les Etats-Unis se sont par ailleurs retenus de sanctions plus dures telles que l'exclusion de la Russie du système Swift, par lequel passe aujourd'hui la majeure partie des virements bancaires internationaux. Cette éventualité avait été comparée par Moscou à un "acte de guerre".

Outre ces sanctions, Washington devrait, selon les médias américains, également officiellement accuser les services de renseignement russes dans les piratages informatiques ayant visé entreprises et agences gouvernementales aux Etats-Unis.

Depuis janvier et l'arrivée au pouvoir du nouveau président américain, les relations entre Moscou et Washington se sont dégradées à grande vitesse. L'ambassadeur russe aux Etats-Unis a ainsi été rappelé après que Joe Biden a jugé que son homologue était un "tueur". Ces dernières semaines, la Russie a également déployé des dizaines de milliers de soldats aux frontières de l'Ukraine, accusant Kiev de "provocations" et faisant craindre une guerre ouverte entre les deux ex-républiques soviétiques.

La Russie a averti jeudi Washington contre l'adoption de nouvelles sanctions, imminentes selon la presse américaine, qui "ne favoriseront pas" l'organisation d'un sommet Biden-Poutine censé amorcer une stabilisation dans les relations délétères entre les deux rivaux géopolitiques.Le Kremlin semble ainsi déchanter après avoir exprimé sa satisfaction sur la possibilité d'un tel sommet, signe d'une reconnaissance de la puissance russe après des semaines d'escalade verbale et de déploiement massif de troupes aux frontières ukrainiennes.
Le président américain Joe Biden a proposé mardi à son homologue russe Vladimir Poutine une rencontre dans un pays tiers, dans un geste apparent d'apaisement. La dernière rencontre à ce niveau entre les deux pays remonte à 2018. Mais selon plusieurs médias américains, Washington...