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Dernières Infos - Explosions de Beyrouth

Les familles des pompiers rejettent toute reconstruction du port et réclament un tribunal spécial

Les familles des pompiers rejettent toute reconstruction du port et réclament un tribunal spécial

Vue sur le port de Beyrouth détruit lors de l'explosion du 4 août 2020. Photo ANI

Les familles des pompiers décédés dans la double explosion au port de Beyrouth ont réclamé mardi la mise sur pied d'un "tribunal spécial soutenu par une commission d'établissement des faits", rejetant par ailleurs toute reconstruction du port tant que des actes d'accusation envers les responsables n'ont pas été publiés. 

"Nous mettons au défi le Parlement et le Conseil des ministres d'œuvrer, même si c'est juste une fois, dans l'intérêt du pays", ont lancé lors d'une conférence de presse Antonella Hitti et William Noun, qui ont tous deux perdu des proches dans l'explosion. Ils ont dans ce cadre soulevé plusieurs points, en tête desquels l'adoption d'une loi "permettant la mise sur pied d'un tribunal spécial qui se penchera sur l'affaire du port de Beyrouth, soutenu par une commission d'établissement des faits". Ils ont indiqué que, dans cette perspective, ils allaient demander à être reçus par "tous les députés" afin de leur demander de signer un tel texte et qu'ils communiqueraient "les noms des ceux qui ont accepté ou refusé" de soutenir ce projet. Ils ont également réitéré leur demande d'obtenir les images satellites montrant le port le 4 août 2020, réclamées à plusieurs pays. "Si ces images ne sont pas remises au Liban, cela signifie que ce qui s'est passé est un acte terroriste et un crime contre l'humanité", ont-ils estimé. 

Les deux représentants des familles des pompiers ont aussi "catégoriquement rejeté" que des travaux de reconstruction au port soient entamés "avant que ne soient publiés les actes d'accusation", et ce "par respect pour les victimes". "Nous sommes prêts à mettre un terme aux travaux avec nos propres mains s'il le faut", ont-ils déclaré. Un consortium d'entreprises allemandes avait présenté la semaine dernière un projet de réhabilitation de la zone portuaire et le géant français du transport et de la logistique CMA CGM avait affirmé également être prêt à se lancer dans la reconstruction du port. 

Antonella Hitti et William Noun ont par ailleurs critiqué le chef de l'État Michel Aoun, le président du Parlement Nabih Berry, et les Premiers ministres sortant et désigné, Hassane Diab et Saad Hariri, qui "continuent jusqu'à aujourd'hui de fuir leurs responsabilités" et refusent de recevoir les familles des victimes du 4 août. 

"Nous savons qu'une affaire d'une telle ampleur nécessite du temps, mais nous ne nous laisserons pas abattre", ont-ils affirmé, assurant qu'ils "continueraient de frapper aux portes de tous les responsables jusqu'à ce que justice soit faite". "Si nos revendications ne sont pas entendues, nous sommes prêts à recourir à l'escalade, qui sera beaucoup plus importante que ce que vous imaginez", ont-ils menacé. 

Le 4 août 2020, dix pompiers, Ralph Mallahi, Rami Kaaki, Élie Khouzami, Charbel Hitti, Joe Noun, Nagib Noun, Sahar Farès, Michel Hawa, Joe Bou Saab et Charbel Karam, avaient été appelés au port de Beyrouth pour éteindre l'incendie qui s'était déclaré dans le hangar N°12. Tous sont décédés dans l'énorme déflagration due au stockage, sans mesure de précaution, de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium. L'instruction lancée par la justice libanaise se poursuit sur ce drame, après le refus des autorités d'une enquête internationale. Elle est menée par le juge Tarek Bitar.


Les familles des pompiers décédés dans la double explosion au port de Beyrouth ont réclamé mardi la mise sur pied d'un "tribunal spécial soutenu par une commission d'établissement des faits", rejetant par ailleurs toute reconstruction du port tant que des actes d'accusation envers les responsables n'ont pas été publiés. "Nous mettons au défi le Parlement et le Conseil des...