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La Syrie a utilisé des armes chimiques lors d'une attaque en 2018, selon l'OIAC

La Syrie a utilisé des armes chimiques lors d'une attaque en 2018, selon l'OIAC

Le président syrien, Bachar el-Assad. Photo d'archives Joseph Eid/AFP/Getty Images

L'armée de l'air syrienne a utilisé du chlore lors d'une attaque dans la ville de Saraqeb en 2018, a annoncé lundi l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) après une enquête. Il s'agit du deuxième rapport de l'équipe d'identification et d'enquête (IIT) de l'OIAC, qui a désormais le pouvoir de désigner l'auteur d'une attaque chimique.

L'ITT a "conclu que des unités de l'armée de l'air arabe syrienne ont utilisé des armes chimiques le 4 février 2018 à Saraqeb", à une cinquantaine de kilomètres au sud d'Alep, a déclaré l'organisation basée à La Haye dans un communiqué. Le rapport établit "qu'il existe des motifs raisonnables de croire" qu'un hélicoptère militaire de l'armée de l'air syrienne "a frappé l'est de Saraqeb en larguant au moins un cylindre". "Le cylindre s'est rompu et a libéré du chlore sur une grande surface, affectant 12 personnes", précise le rapport.

Les enquêteurs de l'OIAC ont interrogé 30 témoins, analysé des échantillons prélevés sur les lieux, examiné les symptômes signalés par les victimes et le personnel médical, ainsi que des images satellite afin de parvenir à leurs conclusions. Les symptômes "comprenaient essoufflement, irritation de la peau, douleur thoracique et toux", selon le rapport. Les enquêteurs ont indiqué "regretter" que le régime syrien leur ait refusé l'accès au site même de l'attaque, malgré des demandes répétées.

L'ITT a publié son premier rapport il y a un an, dans lequel elle a établi que l'armée de l'air de Bachar el-Assad avait lâché des bombes contenant du sarin et du chlore en 2017 à Latamné, dans le nord de la Syrie, violant ainsi la Convention sur les armes chimiques.

"Ordres requis" 
Malgré de fortes objections de la part de la Syrie et de ses alliés, dont Moscou, une majorité des 193 Etats membres de l'OIAC avaient autorisé en 2018 l'organisation à désigner l'auteur d'une attaque chimique et non plus seulement à documenter l'utilisation d'une telle arme. Le gouvernement syrien a toujours nié toute implication dans des attaques chimiques, affirmant avoir remis tous ses stocks d'armes chimiques sous supervision internationale aux termes d'un accord conclu en 2013. 

Les enquêteurs de l'OIAC ont eux estimé que les ordres ayant conduit à l'attaque de Saraqeb en 2018 devaient provenir de hauts responsables, et qu'il n'y avait aucune indication que des "éléments ou individus solitaires" en soient à l'origine. "L'IIT a obtenu des informations de diverses sources suggérant que, pour que les armes chimiques soient utilisées de la manière décrite ci-dessus, des ordres seraient requis", explique le rapport complet. Bien qu'il n'y ait pas de "chaîne de commandement spécifique" identifiée, le commandement général militaire syrien semble avoir "délégué les décisions sur l'utilisation du chlore aux commandants au niveau opérationnel", ajoutent les enquêteurs.

Les Etats membres de l'OIAC voteront plus tard ce mois-ci sur la possibilité d'imposer des sanctions contre la Syrie, qui pourrait voir son droit de vote au sein de l'organisation suspendu si le pays ne prend pas de mesures.

L'OIAC avait précédemment enjoint la Syrie à déclarer toutes les armes chimiques restantes dont elle dispose, y compris le sarin et le chlore, les puissances occidentales exprimant leur inquiétude que Damas ne les ait pas toutes détruites. Le directeur général de l'organisation, Fernando Arias, a déclaré en mars qu'il existait encore des lacunes et des incohérences dans les rapports envoyés par la Syrie à l'OIAC. Selon l'ONU, Damas n'a toujours pas répondu à 19 questions posées depuis des années sur des installations qui auraient pu être utilisées dans la production ou le stockage d'armes chimiques.


L'armée de l'air syrienne a utilisé du chlore lors d'une attaque dans la ville de Saraqeb en 2018, a annoncé lundi l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) après une enquête. Il s'agit du deuxième rapport de l'équipe d'identification et d'enquête (IIT) de l'OIAC, qui a désormais le pouvoir de désigner l'auteur d'une attaque chimique.L'ITT a "conclu que des unités...