Le chargé d'affaires britannique à Beyrouth, Martin Longden (g.), et le ministre sortant des Finances, Ghazi Wazni, le 8 avril 2021. Photo fournie par le bureau de presse du ministère des Finances.
Le chargé d'affaires britannique à Beyrouth, Martin Longden, a estimé jeudi, lors d'une réunion avec le ministre sortant des Finances, Ghazi Wazni, que l'audit juricomptable de la Banque du Liban (BDL) était "essentiel", insistant sur l'importance de trouver une "solution politique" aux défis économiques que connaît le pays.
"Nous avons discuté avec le ministre Wazni des énormes problèmes et défis économiques auxquels doit actuellement faire face le Liban et du besoin pressant qu'une solution économique soit trouvée" à ces problèmes, a déclaré M. Longden à l'issue de la réunion, insistant notamment la formation d'un nouveau gouvernement. "Nous avons également parlé des derniers développements relatifs à l'audit juricomptable, qui est considéré comme essentiel et qui est le grand dossier du moment, comme l'a rappelé hier le président de la République", Michel Aoun, a-t-il ajouté, selon un communiqué publié par le ministère des Finances. A ce sujet, il a réitéré "le soutien du Royaume-Uni" à la mise en œuvre de cet audit qui "constitue une des composantes essentielles" de ce qui est réclamé par le Fonds monétaire international (FMI) pour venir en aide au Liban.
Le cabinet américain Alvarez & Marsal avait été mandaté en septembre 2020 pour réaliser l’audit juricomptable des comptes de la BDL, une opération qui vise à remonter à la source des transactions inscrites dans le but de détecter d’éventuelles fraudes. Il avait fini par jeter l’éponge deux mois plus tard après le refus de la banque centrale de fournir l'intégralité des informations demandées. Un refus que la BDL avait justifié en invoquant la loi sur le secret bancaire. Après des mois de promesses non tenues et de tergiversations, et l'adoption d'un texte levant le secret bancaire sur les comptes de la banque centrale et des administrations, une réunion entre la BDL, le ministère des Finances et Alvarez & Marsal a eu lieu mardi en visioconférence et a débouché sur un calendrier qui permettrait de relancer l’audit.
Mais dans un discours mercredi soir, le président Aoun a estimé qu'il n'y avait aucune volonté réelle de mener l'audit juricomptable parmi les responsables, critiquant ainsi ses rivaux politiques, notamment le ministre sortant des Finances et le président du Parlement, Nabih Berry, qu'il accuse de bloquer le processus.


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