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Société - Coronavirus au Liban

Près de 40 décès et 3.510 nouveaux cas de contamination

Le directeur régional de la Banque mondiale estime que la campagne de vaccination "se déroule de manière sérieuse et équilibrée".

Près de 40 décès et 3.510 nouveaux cas de contamination

Des Libanais masqués quittant une église de Beyrouth après la messe du dimanche des Rameaux, le 28 mars 2021. Photo AFP / ANWAR AMRO

Le Liban a enregistré 37 décès et 3.510 nouveaux cas de coronavirus au cours des dernières 24 heures, selon le bilan officiel publié jeudi soir par le ministère de la Santé. Ces chiffres portent à 489.428 le nombre cumulé des cas enregistrés depuis février 2020, au nombre desquels figurent 6.549 décès et 395.261 guérisons. Parmi les cas toujours actifs, 1.967 patients sont hospitalisés, dont 882 en soins intensifs. Le taux de propagation par rapport au nombre de tests effectués au cours des 14 derniers jours est de 16%, un chiffre qui reste élevé.

Vaccination des militaires

Entre-temps, le commandant en chef de l'armée, le général Joseph Aoun, a inauguré la campagne d'administration du vaccin chinois Sinopharm aux militaires en se faisant lui-même vacciner. Cette campagne a débuté dans 21 centres sanitaires relevant de la troupe sur tout le territoire. Sur les 50.000 doses du vaccin Sinopharm arrivées mardi au Liban à titre de don du gouvernement de Pékin, 10.000 sont réservées à la troupe.

Le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Joseph Aoun, se faisant vacciner contre le coronavirus, le 8 avril 2021. Photo Twitter/@LebarmyOfficial

Par ailleurs, le directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, le Dr Firas Abiad, s'est penché dans une série de tweets sur les craintes exprimées concernant le vaccin AstraZeneca/Oxford. Mercredi, l'Agence européenne des médicaments avait reconnu que les cas de caillots sanguins qui se sont déclarés doivent être classés en tant qu'effet secondaire "très rare" de ce vaccin, tout en estimant que la balance bénéfice/risque restait "positive". Un lien entre l'AstraZeneca et l'apparition d'une forme rare de caillots sanguins est "plausible mais non confirmé", avait pour sa part jugé mercredi l'Organisation mondiale de la santé.

"L'hésitation face aux vaccins nous fait du tort. Hier, 30 % des personnes qui devaient se faire administrer le vaccin AstraZeneca à l'hôpital Rafic Hariri ne se sont pas présentées", arguant d'inquiétudes concernant leur sécurité sanitaire, a twitté le Dr Abiad. Il a toutefois estimé que ces craintes étaient "basées sur des conclusions erronées tirées à partir de certaines études" menées. Il a dans ce contexte comparé les statistiques de mortalité du virus pour les 55-65 ans (éligibles pour recevoir le vaccin AstraZeneca dans cette phase de la campagne) et les risques de séquelles à long terme aux risques d'effets secondaires du vaccin. Au Liban, "2 % des patients de 55-65 ans ayant contracté le virus en sont décédés. Nombre d'entre eux qui ont survécu souffrent de séquelles à long terme", a-t-il précisé. Par contre, selon le rapport des autorités européennes, "le nombre total de patients décédés d'une thrombose était de moins de 20, après plus de 25 millions de vaccinations et nombre d'entre eux avaient moins de 55 ans". Le document a ainsi souligné des risques "extrêmement bas".

Le ministre de la Santé Hamad Hassan a pour sa part évalué avec le directeur régional de la Banque mondiale (BM) Saroj Kumar Jha la campagne de vaccination. La Banque mondiale finance l'importation de vaccins au Liban et effectue dans ce cadre le suivi de la mise en œuvre du programme de vaccination dans le pays. Lors d'une conférence de presse à l'issue de cette réunion, M. Hassan a souligné que "des problèmes logistiques" et la façon de les résoudre ont été évoqués. De son côté, le responsable de la BM a affirmé que celle-ci est "prête à soutenir l'achat de vaccins supplémentaires" par le Liban. Il a ajouté que, selon le rapport établi par les observateurs indépendants déployés dans le pays, la campagne de vaccination "se déroule de manière sérieuse et équilibrée", relevant les résultats positifs déjà observés qui se sont traduits par une baisse des contaminations auprès des personnes âgées et du personnel soignant. 

Les critiques du patron de la CGTL

Pour tenter de limiter la circulation du virus, la commission nationale chargée du suivi de la pandémie de coronavirus avait recommandé mercredi d'instaurer à nouveau un couvre-feu total de 19 heures à 5h, pendant tout le mois de ramadan, qui commence la semaine prochaine, ce qui coïncidera avec l'heure de la rupture du jeûne et empêchera les gens de se rassembler pour l'iftar. Une mesure, qui sera probablement validée par l'exécutif et qui, comme lors des couvre-feu et confinements précédents, sera assortie d'exceptions pour certains secteurs. La commission a également recommandé l'interdiction des banquets et des tentes d'iftars de ramadan. Les mosquées pourront, elles, accueillir un maximum de 30% de leur capacité et les fidèles devraient obtenir au préalable l'autorisation de s'y rendre via la plateforme "Impact", selon ces mêmes recommandations.

Le chef de la Confédération générale des travailleurs libanais Béchara Asmar a dénoncé ces recommandations, qu'il a qualifiées d'"injustes envers les propriétaires d'établissements touristiques, et surtout de restaurants, qui souffrent depuis près de deux ans de l'effondrement" économique, et envers toutes les personnes travaillant dans ce secteur". "Cette décision défie la logique et n'est pas une mesure objective", a-t-il estimé, relevant que les risques sont bien plus importants "dans les supermarchés, sur la côte ou dans les administrations", où le flux de personnes est plus notable que dans les restaurants fréquentés à 30% de capacité. Il a dès lors réclamé une modification de cette mesure, afin que le couvre-feu soit imposé à partir de minuit et non 19h. 

Avant l'approbation de ces décisions par le gouvernement et leur entrée en vigueur, il convient de signaler que les restaurants et commerces sont jusqu'à présent autorisés à ouvrir jusqu'à 21h, tandis que les bars et boîtes de nuit demeurent fermés et que les rassemblements sociaux restent prohibés. Les établissements scolaires sont également fermés jusqu'à nouvel ordre, l'enseignement se poursuivant en ligne. Ces mesures établies lors des précédentes phases de déconfinement prévoient entre autres l'obtention d'autorisations sur la plateforme "Impact" pour certains déplacements, notamment pour se rendre dans des lieux considérés "à risque" comme les supermarchés, les banques et les centres commerciaux. Le couvre-feu est actuellement levé.


Le Liban a enregistré 37 décès et 3.510 nouveaux cas de coronavirus au cours des dernières 24 heures, selon le bilan officiel publié jeudi soir par le ministère de la Santé. Ces chiffres portent à 489.428 le nombre cumulé des cas enregistrés depuis février 2020, au nombre desquels figurent 6.549 décès et 395.261 guérisons. Parmi les cas toujours actifs, 1.967 patients sont...

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