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Société - Environnement

Les émissions de l’Etna : aucun impact sur le Liban, selon des experts

La mauvaise visibilité est le résultat du khamsin qui s’abat sur le pays, un phénomène climatique habituel au printemps.

Les émissions de l’Etna : aucun impact sur le Liban, selon des experts

Depuis le 16 février dernier, l’Etna, plus haut volcan en activité d’Europe, s’est réveillé, suscitant notamment l’inquiétude des Libanais et des pays du Moyen-Orient, qui craignent les effets d’un nuage toxique. Photo AFP

Pas de panique ! Les éruptions de l’Etna n’ont pas d’effet nocif sur la qualité de l’air au Liban et encore moins sur la santé des Libanais. Du moins dans l’état actuel des choses, tant que les colères du volcan italien ne prennent pas davantage d’importance. Apportée par des experts, la précision s’impose après le ton alarmiste employé lundi dernier par certaines chaînes télévisées locales, mettant en garde contre la mauvaise qualité de l’air liée au réveil de l’Etna, et plus précisément contre « le nuage de dioxyde de soufre qui menacerait la population ».

Le 16 février dernier, le plus haut volcan en activité d’Europe, qui culmine à 3 324 mètres d’altitude, reprenait en effet de l’activité. Et ses éruptions en série, pour le moins spectaculaires, ont pris l’allure de coulées de lave, de panaches de fumée qui ont atteint 12 000 mètres d’altitude le 4 mars dernier, de pluies de petites pierres et de cendres sur la ville sicilienne de Catane, au pied de l’Etna. Si la population de la petite ville portuaire s’accommode des caprices de celui qu’elle appelle « La Montagne », tout en restant vigilante, il n’en reste pas moins que l’aéroport de Catane situé à 60 km du volcan a interrompu ses activités deux fois depuis le mois de février, en raison des cendres volcaniques. Car outre la mauvaise visibilité qu’elles entraînent, elles constituent un risque élevé pour les réacteurs des avions.

À Beyrouth, le scénario n’est même pas envisagé. Autrement, l’aviation civile internationale et les services mondiaux de météorologie auraient lancé l’alerte. « Or aucun pays n’a envoyé le moindre signal d’alerte ni même constaté de nuage au-dessus du bassin méditerranéen », observe le chef des prévisions météorologiques de surface à l’Aéroport international de Beyrouth, Mohammad Kanj.

Pas d’émissions dangereuses donc depuis l’Etna en direction du Liban. Pas la moindre trace non plus de soufre dans l’atmosphère du pays. « Il s’agissait probablement d’une erreur de modèle, d’une erreur de lecture d’une application », fait remarquer le responsable, commentant les mises en garde alarmistes diffusées à la télévision. Résultat, les conséquences du réveil de l’Etna devraient être « limitées au sud de l’Italie et à l’Afrique du Nord, particulièrement la Tunisie et la Libye », estime M. Kanj. Tout en sachant que « la population sicilienne n’est pas inquiète », outre mesure.

Des taux de pollution historiquement traditionnels

En matière de pollution atmosphérique, l’un des problèmes majeurs du Liban est son incapacité à analyser la qualité de l’air. « Malgré les investissements et les dons énormes dans les équipements adéquats et la recherche, aucun système ne fonctionne, qu’il soit public ou privé ». Tel est le constat que fait à L’Orient-Le Jour le secrétaire général du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), Mouïne Hamzé. Des propos qu’il avait également tenus au lendemain de l’explosion destructrice au port de Beyrouth, le 4 août dernier. « Je lance ce cri d’alarme, car aucun pays ne peut survivre si des éléments toxiques représentent un risque pour son environnement », répète-t-il, se demandant pourquoi nul n’a jamais fait l’effort de faire fonctionner les équipements de mesure.

Pour mémoire

Pollution alarmante à Beyrouth et dans les villes de Méditerranée orientale

C’est donc partant de deux modèles internationaux d’observation de l’état de la terre, l’un européen, Copernicus, et l’autre américain, Hysplit, que les experts libanais tiennent aujourd’hui à rassurer la population. « D’après les observations, les émissions de l’Etna se dirigent vers l’Europe », affirme le directeur du département de chimie à l’Université Saint-Joseph, Charbel Afif, également expert en pollution atmosphérique. « Par conséquent, d’ici à samedi au moins, nous pouvons affirmer que les taux de concentration (de particules fines) dans l’atmosphère au Liban sont historiquement traditionnels », assure-t-il. Si les masses d’air chaud actuelles viennent du Golfe, « celles attendues les prochains jours en provenance de la Méditerranée ne devraient constituer qu’un faible impact », ajoute l’expert. Conclusion, les Libanais « n’ont pas à se soucier, pour l’instant, du réveil de l’Etna ni de sa série d’éruptions ».

Une masse de gaz vouée à se désintégrer

Et comme pour confirmer ces propos rassurants, le commissaire italien à la Défense civile, Leonardo Corbo, également spécialiste des catastrophes naturelles, a balayé hier les inquiétudes libanaises et moyen-orientales. « La situation n’a pas changé depuis des milliers d’années. Nos laboratoires ont confirmé à maintes reprises que les populations qui vivent près du volcan et les pays du Moyen-Orient ne sont pas en danger », a-t-il souligné à l’Agence nationale d’information, précisant que la masse de gaz qui se déplace vers l’est devrait « se désintégrer avec le temps ».

Il n’en reste pas moins que la qualité de l’air au Liban n’est pas bonne. Depuis quelques jours, une large ligne sombre et opaque barre l’horizon. Non seulement parce que la pollution de l’atmosphère est un problème endémique qui provient à la fois des centrales électriques, des générateurs de quartier, des incinérations sauvages, des pots d’échappement des véhicules routiers, reconnaissent les experts… Mais aussi parce que le pays « est sous l’influence (jusqu’à demain) d’une masse d’air chaud chargé de poussière en provenance d’Égypte, un phénomène courant au printemps et mieux connu sous le nom de khamsin », révèle Mohammad Kanj. « Mais ce phénomène climatique n’a absolument rien à voir avec l’Etna », confirme Charbel Afif.


Pas de panique ! Les éruptions de l’Etna n’ont pas d’effet nocif sur la qualité de l’air au Liban et encore moins sur la santé des Libanais. Du moins dans l’état actuel des choses, tant que les colères du volcan italien ne prennent pas davantage d’importance. Apportée par des experts, la précision s’impose après le ton alarmiste employé lundi dernier par certaines chaînes...

commentaires (1)

On se soucie de l'Etna?? Ma... Néhna mEtna bala ma norbah jmilo! Par les bons soins de nos politiciens qui ont blanchis nos sous on est bien lavés sans volcans...

Wlek Sanferlou

03 h 44, le 07 avril 2021

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Commentaires (1)

  • On se soucie de l'Etna?? Ma... Néhna mEtna bala ma norbah jmilo! Par les bons soins de nos politiciens qui ont blanchis nos sous on est bien lavés sans volcans...

    Wlek Sanferlou

    03 h 44, le 07 avril 2021

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