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Nehmé accuse Wazni et le Parlement d'avoir fait échouer l'adoption d'une loi sur le contrôle des capitaux

Nehmé accuse Wazni et le Parlement d'avoir fait échouer l'adoption d'une loi sur le contrôle des capitaux

Le ministre sortant de l'Economie, Raoul Nehmé. Photo Dalati et Nohra

Le ministre sortant de l'Economie, Raoul Nehmé, a accusé lundi soir son collègue du ministère des Finances, Ghazi Wazni, d'avoir "fait échouer" l'adoption d'une loi sur le contrôle des capitaux, échec dont le Parlement assume également "une part de responsabilité", selon lui.

Ghazi Wazni n'a pas tardé à répondre aux accusations lancées par M. Nehmé, estimant que c'est le Conseil des ministres qui a fait échouer l'approbation du texte qu'il avait lui-même présenté. Ce texte avait été brièvement étudié en mars 2020 par le cabinet de Hassane Diab avant d'être retiré par le ministre Wazni. Depuis octobre, un texte sur le sujet fait l'objet de discussions au sein d'une sous-commission parlementaire, sans qu'aucune avancée concrète n'ait encore été enregistrée.

Une telle loi est attendue depuis des mois, et faisait partie des textes réclamés par le Fonds monétaire international lors de ses négociations - désormais interrompues - avec les responsables libanais, alors que les déposants subissent, depuis l'été 2019, des restrictions bancaires unilatérales et illégales sur leurs retraits et transferts. Certains experts jugent toutefois que l’instauration d’un contrôle de capitaux aujourd’hui ne serait pas aussi pertinent qu’il ne l’était au tout début de la crise, tout d’abord parce que beaucoup de déposants, parmi lesquels figureraient des banquiers et des personnalités politiquement exposées, ont déjà sorti leurs fonds du pays, ensuite parce qu’une telle loi pourrait faire hésiter les investisseurs à placer leur argent dans le pays.

"Certaines formations politiques ne veulent pas du contrôle des capitaux. Le Parlement porte d'ailleurs une partie de la responsabilité" de l'échec de toute avancée sur le texte, a déclaré Raoul Nehmé lors d'un entretien télévisé sur la chaîne al-Hurra. Et d'accuser le ministre Wazni d'avoir "fait échouer" son projet de loi en "le présentant au gouvernement avant de le retirer de la table des discussions, sur ordre du président de la Chambre, Nabih Berry". Le ministre de l'Economie a encore accusé son collègue d'avoir "mis un terme à l'audit juricomptable" de la Banque du Liban, soulignant que cette procédure est également rejetée par "de nombreuses formations politiques". L'audit doit toutefois, selon lui, avoir lieu "et pas seulement au niveau de la BDL, mais dans les administrations, ministères, banques, afin que l'on sache où sont partis les fonds" du Trésor. 

Le bureau de presse de M. Wazni a de son côté souligné, dans une réponse, que "c'est le ministre des Finances lui-même qui a été le premier à présenter un projet de loi sur le contrôle des capitaux au gouvernement et tout le monde sait que les débats entre les ministres ont défiguré ce projet et l'ont dépouillé de tout contenu, ce qui a provoqué son retrait" de la table du Conseil. Le texte est toutefois actuellement "étudié par la commission des Finances et du Budget" afin de pouvoir être, à terme, adopté par la Chambre, ajoute le communiqué. 

À partir de la fin de l’été 2019, et face à un creusement continu de la balance des paiements que la BDL a dû couvrir en puisant dans ses réserves en devises, les banques avaient vu leurs quotas journaliers de devises fournis par la BDL réduits. Elles avaient donc fini par limiter fortement les retraits de dollars à travers les distributeurs automatiques et les guichets, entraînant l’apparition en septembre d’un taux de change parallèle qui oscille à présent autour des 12.000 livres, alors que le taux officiel fixé par la BDL est toujours de 1 507,5 livres pour un dollar depuis 1997. 

Par ailleurs, Raoul Nehmé a souligné, lors de son interview, avoir mis en garde, en mai dernier, le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, contre les risques de famine dans le pays si des mesures ne sont pas prises pour stabiliser la situation économique et financière. Il a indiqué avoir à l'époque, demandé que le panier de denrées alimentaires soit subventionné au taux de 3.900 livres que pour trois mois "le temps de mettre en place un plan d'aide directe, via des cartes de rationnement". Ces subventions, dénoncées comme inefficaces par certains responsables qui soulignent qu'elles ne profitent pas directement à la population et encouragent la contrebande et le monopole détenu par certains commerçants, sont soutenues par les réserves en devises de la BDL, qui fondent rapidement. 

Le ministre sortant a en outre indiqué que le prix du pain, qui avait connu une légère baisse la semaine dernière, risquait d'augmenter à nouveau si le taux de la livre face au dollar remontait à nouveau, en l'absence d'un nouveau gouvernement. Le cas échéant, "la situation deviendrait catastrophique", a-t-il averti. 



Le ministre sortant de l'Economie, Raoul Nehmé, a accusé lundi soir son collègue du ministère des Finances, Ghazi Wazni, d'avoir "fait échouer" l'adoption d'une loi sur le contrôle des capitaux, échec dont le Parlement assume également "une part de responsabilité", selon lui.Ghazi Wazni n'a pas tardé à répondre aux accusations lancées par M. Nehmé, estimant que c'est le Conseil des ministres qui a fait échouer l'approbation du texte qu'il avait lui-même présenté. Ce texte avait été brièvement étudié en mars 2020 par le cabinet de Hassane Diab avant d'être retiré par le ministre Wazni. Depuis octobre, un texte sur le sujet fait l'objet de discussions au sein d'une sous-commission parlementaire, sans qu'aucune avancée concrète n'ait encore été enregistrée.Une telle loi est attendue depuis des mois, et faisait...