Un vaccin contre le coronavirus. Photo d'archives AFP
La Russie et la Chine n'utilisent pas leurs vaccins comme d'un "outil d'influence" sur la scène internationale, a estimé vendredi le Kremlin, balayant les accusations du président français Emmanuel Macron.
"Nous ne sommes absolument pas d'accord (avec les accusations) disant que la Russie et la Chine utilisent la pandémie du coronavirus et la problématique des vaccins comme des outils d'influences", a estimé Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe. "Nous ne sommes absolument pas d'accord avec (les accusations disant) que la Russie et la Chine mènent une guerre quelconque", a-t-il dit.
Le président français, à l'issue d'un sommet européen, a affirmé que le monde était "face à une guerre mondiale d'un nouveau genre" et "face notamment aux attaques et aux velléités de déstabilisation - russes, chinoises - d'influence par le vaccin".
Vendredi matin encore, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a reproché à la Russie de faire de son vaccin anti-Covid Spoutnik V un outil de "propagande". "A la manière dont c'est géré, c'est plus un moyen de propagande et de diplomatie agressive qu'un moyen de solidarité et d'aide sanitaire", a-t-il déclaré sur la radio France Info.
Accueilli initialement avec scepticisme à l'étranger lors de son annonce l'été dernier, le Spoutnik V a vu sa fiabilité validée en février par la revue scientifique The Lancet. Une demande d'homologation est actuellement examinée par l'Agence européenne des médicaments (AEM).
Faute de pouvoir en produire suffisamment, la Russie n'a livré que des quantités réduites de Spoutnik V à l'étranger. Ces approvisionnements ont cependant été mis en avant à grand renfort de publicité. Mais Moscou a toujours insisté qu'il ne produira pas son vaccin pour les marchés étrangers, souhaitant plutôt multiplier les partenariats de production. Rien qu'en Inde, des contrats avec plusieurs groupes pharmaceutiques portant sur quelque 700 millions de doses ont été signés ces dernières semaines.
Lundi, Vladimir Poutine avait déjà répliqué vertement aux propos d'un commissaire européen qui affirmait que l'UE n'avait pas besoin du Spoutnik V, alors qu'elle est empêtrée dans des problèmes d'approvisionnement. "Nous ne forçons personne à faire quoi que ce soit (...) mais nous nous interrogeons sur les intérêts que défendent ces gens, ceux des entreprises pharmaceutiques ou ceux des citoyens européens?", avait-il affirmé.


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