Le ministre libanais sortant des Finances Ghazi Wazni au palais de Baabda. Photo d'archives Dalati et Nohra
Le ministre libanais sortant des Finances Ghazi Wazni a estimé, dans un entretien télévisé diffusé lundi soir, que le Conseil des ministres pourrait se réunir d'ici deux semaines pour étudier l'avant-projet de budget pour l'année en cours. Le gouvernement actuel, rappelle-t-on, est selon la constitution uniquement chargé d'expédier les affaires courantes.
Ghazi Wazni, qui avait reçu plus tôt dans la journée de la part du secrétariat général du Conseil des ministres une série de commentaires sur ce texte préliminaire du budget, a souligné qu'il allait étudier ce rapport au cours des deux prochaines semaines avant de le renvoyer au Sérail. "La décision sera alors prise de tenir ou non une réunion du Conseil", a-t-il indiqué, lors d'un entretien sur la chaîne américaine arabophone al-Hurra. Il a estimé que l'adoption du budget était "cruciale" et nécessitait une réunion du gouvernement sortant de Hassane Diab, si un nouveau cabinet n'était pas formé d'ici là. "Si ce n'est pas le cas, le cabinet sortant a l'obligation constitutionnelle d'assumer cette responsabilité", a-t-il ajouté.
Depuis l'envoi de cet avant-projet de budget, les critiques se sont multipliées face aux coupes prévues dans le financement de nombreuses institutions et administrations. L'avant-projet de budget pour l'exercice 2021 était censé être examiné par le gouvernement vers la fin de l’été dernier afin d’être approuvé et envoyé au Parlement avant la session parlementaire ordinaire d'automne 2020. Le Parlement avait adopté le 27 janvier 2020 le projet de budget pour l'année dernière. Celui-ci prévoyait un déficit de 7% du PIB.
"Notre gouvernement a fait face à de nombreux défis et obstacles et ma performance, en tant que ministre des Finances, n'était pas suffisante", a par ailleurs concédé Ghazi Wazni, qui a souhaité qu'un autre "prenne la place". "Dans les conditions difficiles que traverse actuellement le pays, la résolution de la crise économique doit commencer par une solution à la crise politique et cela doit être fait via la formation d'un cabinet techno-politique", a-t-il poursuivi, rejoignant l'opinion lancée jeudi dernier par le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah.
Le ministre sortant a en outre estimé que la rapide dépréciation de la livre libanaise sur le marché parallèle, ces dernières semaines, ne peut pas être expliquée par des facteurs "économiques et financiers". Il a évoqué "la perte de confiance, les manipulations et spéculations, la présence de changeurs illégaux, les facteurs politiques afin de faire pression pour la formation du gouvernement et enfin l'offre et la demande", comme raisons pour la forte volatilité enregistrée au cours des derniers jours. Peu optimiste quant à un redressement de la situation, il a affirmé s'attendre à ce que la livre "continuer de se détériorer". Il a encore estimé que lorsque la Banque du Liban aura lancé sa plateforme centralisant les échanges et les taux, le dollar devrait s'y échanger aux alentours de 10.000 livres libanaises, précisant toutefois que cette plateforme est "une solution temporaire mais nécessaire". Le dollar s'échange depuis lundi soir aux alentours de 14.000 livres libanaises, après avoir fait un bond à partir du taux de 11.000 L.L. observé au cours du week-end dernier, suite à la réunion orageuse entre le chef de l'Etat et le Premier ministre désigné concernant la formation du gouvernement.


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