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Joumblatt : Rien ne peut arrêter la détérioration du pays, sauf un gouvernement le plus tôt possible

Joumblatt : Rien ne peut arrêter la détérioration du pays, sauf un gouvernement le plus tôt possible

Le leader libanais druze Walid Joumblatt. Photo d’archives/AFP

Le chef du Parti socialiste démocratique (PSP), Walid Joumblatt, a affirmé mercredi que "rien ne pouvait arrêter la détérioration (de l'état du pays), sauf la formation d'un gouvernement le plus tôt possible", à l'heure où le Liban est englué dans une crise multidimensionnelle, marquée par la dépréciation de la monnaie nationale, l'hyperinflation des prix et la paupérisation de la population. Malgré toutes ces crises, le pays reste sans gouvernement depuis plus de sept mois, en raison d'un bras de fer politique entre le Premier ministre désigné, Saad Hariri, et le président de la République Michel Aoun et son camp.

"Nous avons devant nous des jours extrêmement difficiles. Le compromis est nécessaire. Le gouvernement est la base de tout. Tout autre calcul est erroné", a estimé Walid Joumblatt, dans un entretien accordé au site d'information de son parti, Al-Anba'. "Rien ne peut arrêter la détérioration (du pays), si ce n'est la formation d'un gouvernement le plus tôt possible", a-t-il ajouté.

"Face à la situation qui se dégrade à chaque instant, je conseille aux responsables politiques le compromis. Ne posons pas de conditions et contre-conditions, renonçons au tiers de blocage", a-t-il plaidé, une demande qui serait brandie par le président Aoun et la formation politique qu'il a fondé, le Courant patriotique libre dirigé par Gebran Bassil. Ce dernier se défend toutefois de réclamer le tiers de blocage qui pourrait faire chuter le futur cabinet. "La solution est locale", a encore estimé le leader druze, qui a appelé les dirigeants politiques à "sortir de ce cercle vicieux". "Si nous ne nous entendons pas pour former un gouvernement, tout s'effondrera, et à ce moment les remords ne serviront plus à rien", a-t-il prévenu. Dans ce contexte, Walid Joumblatt a appelé à une réunion entre M. Aoun et M. Hariri. "La réunion a besoin de compromis. La politique est l'art du possible, pas de l'impossible", a-t-il encore rappelé.

Le pays du Cèdre est sans gouvernement depuis plus de sept mois, après la démission du cabinet de Hassane Diab dans la foulée des explosions du 4 août 2020. Désigné Premier ministre le 22 octobre dernier, Saad Hariri, qui veut former un gouvernement "de mission" composé de 18 ministres dans l'esprit de l'initiative française, n'est toujours pas parvenu à le faire, pris dans un bras de fer politique avec le chef de l'Etat, Michel Aoun. Sans gouvernement à même de réformer le pays, la communauté internationale se refuse à octroyer une aide financière substantielle, de crainte qu'elle ne finisse dans les poches des corrompus.

"Je suis en harmonie avec la proposition du Premier ministre désigné, mais les événements qui résultent de la situation hors de contrôle dépassent tout entendement. C'est pour cela que j'appelle à un compromis. Le compromis qui conviendra (à Saad Hariri) me conviendra. Je n'ai aucune condition", a affirmé le chef du PSP.

Il y a une dizaine de jours, Walid Joumblatt s’était prononcé en faveur d'un cabinet de 20 ministres dans une tentative d'aider pour un déblocage, créant la surprise. Car cela permettrait d'incorporer à cette équipe un ministre relevant du camp de son rival druze Talal Arslane, ainsi qu'un ministre grec-catholique, et octroierait le tiers de blocage aux aounistes et à leurs alliés, ce que rejette catégoriquement le Premier ministre désigné.

Quant à l'enquête sur les explosions meurtrières du port de Beyrouth, Walid Joumblatt a déclaré qu'il n'avait "aucune idée de la raison pour laquelle le juge Sawan avait été démis de ses fonctions et le juge Bitar nommé". "Cette enquête peut avoir des répercussions internationales majeures", a-t-il concédé. "Je crois qu'il y a encore des juges indépendants dans ce pays. Je n'ai pas perdu espoir et je ne le perdrai pas'", a-t-il promis dans ce contexte, affirmant pour sa part "être prêt à rendre des comptes devant un pouvoir indépendant". 

La double explosion meurtrière au port de Beyrouth a fait plus de 200 victimes et 6.500 blessés, ravageant des quartiers entiers de la capitale sans qu'aucun responsable n'ait été jugé jusque-là. Plusieurs responsables sécuritaires et politiques, notamment le Premier ministre sortant Hassane Diab, avaient été inculpés pour négligence par le juge Fadi Sawan. Celui-ci a été dessaisi du dossier après un recours intenté contre lui par deux des inculpés, les députés du mouvement Amal Zeaïter et Khalil. Le juge Tarek Bitar lui a succédé. L'enquête n'a toujours pas donné de résultats.

Le chef du Parti socialiste démocratique (PSP), Walid Joumblatt, a affirmé mercredi que "rien ne pouvait arrêter la détérioration (de l'état du pays), sauf la formation d'un gouvernement le plus tôt possible", à l'heure où le Liban est englué dans une crise multidimensionnelle, marquée par la dépréciation de la monnaie nationale, l'hyperinflation des prix et la paupérisation de la population. Malgré toutes ces crises, le pays reste sans gouvernement depuis plus de sept mois, en raison d'un bras de fer politique entre le Premier ministre désigné, Saad Hariri, et le président de la République Michel Aoun et son camp."Nous avons devant nous des jours extrêmement difficiles. Le compromis est nécessaire. Le gouvernement est la base de tout. Tout autre calcul est erroné", a estimé Walid Joumblatt, dans un entretien...