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Nos lecteurs ont la parole

La valeur du cerveau humain dans la prospérité d’une nation

Le cerveau humain est non seulement la ressource la plus précieuse de la planète, mais aussi la seule véritablement renouvelable. Prenons Taïwan, à titre d’exemple. N’en déplaise à la Chine, Taïwan peut se targuer d’être parmi les nations les plus créatives et les plus innovatrices du monde. Cette frêle et minuscule île asiatique ne possède pratiquement pas de pétrole, pas de fer, pas de diamants, pas d’or, juste quelques petits gisements négligeables de charbon et de gaz naturel. Cependant, elle jouit d’une prospérité socio-économique qui l’a hissé au sommet des nations les plus performantes du monde. En quelques décennies, Taïwan a amorcé une transformation radicale pour transiter d’une « économie de main » à une « économie de tête ».

C’est surtout dans le domaine de la technologie que Taïwan a pris les devants sur la scène mondiale. Outre la production de scanners, écrans, souris, modems et autres produits électroniques, le pays est devenu un fournisseur incontournable de semi-conducteurs utilisés pour la construction de puces informatiques ultrapuissantes, ultrarapides et ultrafines. Cette technologie de pointe est indispensable dans le développement de « l’internet des objets » (« Internet of Things »). Ainsi, les maisons, les voitures, les appareils électroménagers et même les vêtements peuvent se connecter aux smartphones par l’intermédiaire des réseaux 5G.

D’ailleurs, les entreprises taïwanaises sont les fournisseurs privilégiés des grandes entreprises technologiques américaines. En cas de conflit majeur entre les grandes puissances, il est fort probable que la Chine empêche, manu militari, les entreprises taïwanaises de fournir des matériaux technologiques vitaux à leurs partenaires américains. Ce scénario de guerre engendrerait un désastre inimaginable dans le pays de l’Oncle Sam.

À l’instar de Taïwan, le Liban a la grande fortune de former parmi les meilleurs cerveaux de ce monde. Ce bouillon de culture et d’intelligence n’est pas du seul ressort d’un enseignement pédagogique de haut niveau. Il est aussi le fruit d’une opiniâtreté parentale qui consiste à assurer coûte que coûte une éducation supérieure à leurs jeunes progénitures. On ne dénombre plus le nombre de familles libanaises qui se sont saignées aux quatre veines pour payer les frais scolaires et universitaires de leurs enfants.

Contrairement à Taïwan, le Liban est un grand exportateur de cerveaux. En effet, nombreux sont les Libanais qui ont bâti des empires à l’étranger, qui ont fait rayonner le monde par leurs innovations scientifiques, qui ont fait rêver l’humanité par leurs créations artistiques et culturelles, et qui ont dirigé des nations par leur leadership exemplaire. À l’image de Ralph Nader et autres héros de souche libanaise, ils sont l’incarnation même de la dignité et de l’intégrité, de la décence et de la compétence.Bien que la fuite des cerveaux ne soit pas un phénomène récent au Liban, la situation est infiniment plus critique aujourd’hui qu’elle ne l’était dans le passé. Un souffle kafkaïen et délétère se répand comme une traînée de poudre. L’horizon s’annonce de plus en plus putride et fuligineux. Le pays s’enfonce inexorablement dans un gouffre abyssal et se dirige fatalement vers le bas-fond des nations. Par conséquent, il est tout à fait naturel de voir nos jeunes talents prendre la poudre d’escampette et s’envoler vers des cieux plus cléments. Contrairement aux précédentes vagues d’émigration, ils ne daignent plus regarder en arrière.

Comme le dit si bien Amin Maalouf : « Le navire sur lequel nous sommes embarqués est désormais à la dérive, sans cap, sans destination, sans visibilité, sans boussole, sur une mer houleuse, et qu’il faudrait un sursaut, d’urgence, pour éviter le naufrage. » Il y a quelques jours, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian est monté au créneau pour accuser les dirigeants libanais de « non-assistance à pays en danger ». En effet, les dirigeants libanais se drapent majestueusement et criminellement d’arrogance et d’indifférence alors que les citoyens pataugent dans un marasme visqueux. La seule chose que ces claquemurés des hautes sphères savent bien faire, c’est tenir, à répétition, des discours enflammés, obscurantistes, réducteurs et caricaturaux. De toute notre histoire contemporaine, jamais nous n’avons ressenti une telle honte et une telle révulsion.

Évidemment, le Liban possède les cerveaux pour être l’un des pays les plus prospères de la planète. Cependant, le pays est atteint d’une maladie chronique qui provoque son hémorragie cérébrale et le plonge dans un coma profond : une classe politique débilitante et défaillante, pourrie et aigrie. Osons espérer qu’un jour, lorsque notre génération aura tiré sa révérence, de jeunes talents courageux et dynamiques prendront la relève et balayeront les débris laissés par ces muridés pitoyables et sans scrupules.


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Le cerveau humain est non seulement la ressource la plus précieuse de la planète, mais aussi la seule véritablement renouvelable. Prenons Taïwan, à titre d’exemple. N’en déplaise à la Chine, Taïwan peut se targuer d’être parmi les nations les plus créatives et les plus innovatrices du monde. Cette frêle et minuscule île asiatique ne possède pratiquement pas de pétrole, pas de fer, pas de diamants, pas d’or, juste quelques petits gisements négligeables de charbon et de gaz naturel. Cependant, elle jouit d’une prospérité socio-économique qui l’a hissé au sommet des nations les plus performantes du monde. En quelques décennies, Taïwan a amorcé une transformation radicale pour transiter d’une « économie de main » à une « économie de tête ».C’est surtout dans le domaine de la...
commentaires (1)

je dirais que nous ne souffrons pas d'une maladie mais d'une pourriture dans le cerveau. une maladie est dans la plupart des cas curable, la pourriture elle est irrémédiable !

Gaby SIOUFI

10 h 38, le 16 mars 2021

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Commentaires (1)

  • je dirais que nous ne souffrons pas d'une maladie mais d'une pourriture dans le cerveau. une maladie est dans la plupart des cas curable, la pourriture elle est irrémédiable !

    Gaby SIOUFI

    10 h 38, le 16 mars 2021

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